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The secret is out. {PV Abraham}

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Evangeline Tilney
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MessageSujet: The secret is out. {PV Abraham} Dim 13 Déc - 18:17







The secret is out.



Assise sur le petit banc en bois juste au-dessus de la fenêtre, j'observe l'aube qui pointe le bout de son nez sur les toits de la ville en contrebas. Voilà déjà un petit moment que je suis réveillée. Si mes nuits sont toujours peuplées de cauchemars, voilà trois nuits que j'ai beaucoup de mal à dormir, que le sommeil va et vient pour finalement m'empêcher de véritablement me reposer. Trop de pensées. Beaucoup trop. Je replace ma robe de chambre autour de mes épaules et fronce les sourcils avant de baisser le regard, soucieuse. Ce n'est rien de le dire. Voilà trois jours que je garde ce secret, trois jours que je tais une information pour le moins importante, trois jours que je suis rongée par la crainte de croiser Thomas au coin d'une ruelle ou pire de le voir débarquer au manoir. Il pourrait, il sait où j'habite mais il ne s'est pas encore présenté. Ou, peut-être m'observe-t-il dans l'ombre sans ce que je ne le sache. A cette pensée, je relève le visage et observe la cour et les alentours. Il pourrait être là, à l'ombre d'un arbre ou d'un muret que je ne le saurais même pas et ne faire que l'imaginer me perturbe à un point que je ne pensais pas possible. A cause de mes sentiments ? A cause de la façon dont les choses se sont terminées entre nous ou plus exactement à cause la façon dont j'ai fait en sorte que les choses se terminent entre nous ? Une chose est certaine, le savoir possiblement si près de moi est très, très perturbant. Je me redresse, fais quelques pas dans ma chambre avant de me laisser tomber sur le lit. Mes yeux fixent le plafond avant que mon regard ne soit attiré par les cadres se trouvant sur la table de chevet. Je tends le bras pour en récupérer un et observe la photographie de mes parents, mes doigts venant redessiner les contours de leurs silhouettes. Quatre ans. Quatre ans depuis leur mort, quatre ans depuis ma dernière conversation avec Thomas. Je détourne le regard, repose à tâtons le cadre sur la table de chevet avant de fermer les yeux et de venir les cacher avec mes avant-bras.

Que vais-je bien pouvoir faire ?

Je ne peux pas garder ce secret trop longtemps car il pourrait bien tout remettre en question. Thomas connaît ma véritable identité et s'il se mettait à raconter la vérité autour de lui... Non, il ne ferait pas ça. Il n'est pas là pour me faire du mal, il ne peut pas être là pour me faire du mal ou pour se venger de la façon dont je l'ai quitté sans mot dire. J'ose croire qu'il m'aimait assez à l'époque pour ne pas me le faire payer aujourd'hui. Subsiste cependant toujours la question du pourquoi : pourquoi est-il ici ? Que veut-il ? Que me veut-il ? Du bruit à l'étage du dessous et je retire mes bras de mon visage et reste un instant sans bouger, hésitante. Eliott dort sans doute encore, Abraham est réveillé lui car c'est bien de son bureau se trouvant juste en-dessous de ma chambre que le bruit me parvient. Je me redresse, m'assois au bord du lit et réfléchis encore, et encore : que faire ? Laisser faire les choses ? Prendre le risque que Thomas vienne frapper à la porte ? Ou alors, tout avouer à Abraham avant que la vérité ne s'impose à nous d'elle-même ? La deuxième solution, bien que peu alléchante vaut bien mieux que la première. Je me relève, ressers la ceinture de ma robe de chambre et quitte la pièce en silence, me contentant de récupérer un chandelier au passage pour m'éclairer dans les escaliers : étant donné que ma blessure me fait encore mal et plus particulièrement lorsque j'emprunte des marches, mieux vaut que je sois prudente. Je descend donc doucement les marches et plus je me rapproche du bureau d'Abraham, plus mon cœur s'emballe : nerveuse, je le suis, c'est indéniable. J'ai tellement peur de sa réaction... Et s'il me mettait à la porte ? Et s'il préférait me voir partir plutôt que de mettre tout ce que nous avons ici en péril ? Non, il ne ferait pas ça, n'est-ce pas ? La question me taraude alors que je m'arrête devant la porte de son bureau d'où quelques bruits étouffés me parviennent.

Courage. Je dois me montrer forte.

Dans ma main gauche le chandelier, ma main droite vient cogner par trois coups à la porte et lorsque la voix d'Abraham me parvient pour m'inviter à entrer, il me faut quelques instants pour réunir le courage nécessaire afin de pénétrer à l'intérieur de son bureau. Lorsque c'est fait, je referme la porte derrière moi, pose le chandelier sur la commode à ma gauche et me retourne pour me retrouver face à Abraham qui vient, à n'en pas douter, de passer la nuit dehors. Il lui arrive fréquemment de chasser sans nous et c'est ce qu'il a fait cette nuit. Je l'observe en silence un instant, regrettant d'être venue jusque là. Il vient de rentrer d'une nuit de chasse, ce n'est clairement pas le meilleur moment pour lui parler de tout cela.

« Pardon, je ne pensais pas que tu venais de rentrer. »

Je me mordille la lèvre inférieure et fais déjà un pas en arrière.

« Je vais te laisser te reposer, je reviendrai tout à l'heure. »

Oui, voilà, tout à l'heure, ou demain, ou après-demain. Sur quoi, j'esquisse un geste pour récupérer le chandelier et repartir d'où je suis venue tout en espérant intérieurement qu'il va préférer me voir repartir sans me poser de questions afin de pouvoir se reposer.

Oh comme j'espère qu'il va vouloir se reposer et non pas me voir m'éterniser ici.



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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Mer 16 Déc - 22:19


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Avant que l’aube ne se lève, avant que les premières lueurs du jour ne tapissent les campagnes anglaises, Abraham avait remballé ses affaires. Par habitude, ou peut-être pas superstition, il cessait toute activité de chasse une fois que le jour redevenait souverain sur les terres mortelles. Dans son sac de cuir, il avait méticuleusement ramassé un pieu aiguisé avec méthode et un pistolet dont il exécrait toujours à se servir – qui aimait faire voler des balles superficielles pour les créatures qu’elles visaient – avant de resserrer le cordon épais qui préservait dans l’ombre la véritable nature de ses activités nocturnes. Au sein du monde surnaturel, Van Helsing était le chasseur le plus redouté mais de retour dans l’univers mortel, il n’était qu’un médecin appliqué qui exécutait même les tâches les plus innommables une fois la nuit tombée. Sitôt que le premier rayon de soleil avait éclairé son visage buriné par la fatigue, par les années, par les épreuves, il avait rangé à l’intérieur de son manteau de laine le carnet et le crayon qui ne le quittaient jamais. Van Helsing ne tuait pas chaque nuit. Principalement, il traquait, pistait, étudiait et récoltait des preuves. C’était l’étape la plus laborieuse et la plus longue d’un processus qui ne s’achevait que brutalement par la disparition de la créature criminelle. Quant à celles qui étaient inoffensives, leur sort demeurait encore incertain, seulement connu de la cible et du poursuivant. Tout ça était un rituel régulier, quotidien si seulement d’autres préoccupations n’attendaient pas pour lui, de retour au manoir familial. La nuit seulement, il s’autorisait à devenir une machine : des gestes répétés des centaines de fois, des lieux habituels qu’il pourrait parcourir les yeux fermés, des situations tantôt fructueuses tantôt funestes, l’interdiction formelle de laisser son cœur d’humain quand il était face à l’obscur. Être chasseur ressemblait parfois à l’échappatoire de l’homme aux épaules lourdes, à l’espoir d’échapper à des pensées bien trop conséquentes pour un seul homme. Mais sitôt que l’aube lui rappelait son existence, il redevenait Abraham, malgré l’âme du chasseur qui épiait et analysait chacune de ses interventions avec le peuple de Crimson Peak. Il redevenait lui-même sitôt qu’il remettait sur sa tête, le chapeau qu’il avait délaissé sous un buisson à l’orée du bois. Qui aurait donc l’idée de lui dérober son chapeau à un tel moment crucial ? Les créatures n’auraient pas la présence d’esprit, guidées par leur instinct dictateur et les humains, eux, avaient sombré dans le monde des songes pour fuir à leur tour une époque qui n’était pas facile pour tout le monde. Il espérait toujours que l’ordre des choses demeure le même, et il en avait toujours la confirmation irréfutable quand il retrouvait son chapeau à la même place. Avant de marcher jusqu’à la ville haute, il ne s’était pas retourné. Comme un badaud qui quittait une seconde demeure, il ne lui jetait pas un dernier regard, persuadé de la trouver comme telle lorsqu’il reviendrait. Et Van Helsing revenait toujours.

Rentré tout aussi discrètement afin de ne pas réveiller les occupants de la maison, Abraham s’était refugié dans son bureau. Là, une fois de plus, les mêmes rituels : les armes entreposées derrière une bibliothèque dont lui seul connaissait le mécanisme d’ouverture, le carnet déposé dans le second tiroir verrouillé de son bureau. Il lui fallait quelques heures pour récupérer, il fallait quelques heures à son cerveau pour récapituler tout ce qu’il avait vu et pour travailler de pair avec sa mémoire entraînée. Alors dans l’après-midi, il pourrait s’autoriser à étudier ce qu’il avait vu cette nuit-là et peut-être un ou une privilégiée aurait le droit de proposer leurs hypothèses. Au premier qui se lèverait décida-t-il avec un bref sourire complice sur le coin des lèvres. Avait-on lu dans ses pensées car aussitôt, on frappa à la porte. « Entrez.  » La silhouette fine d’Evangeline encore enveloppée du réveil du matin glissa dans l’encadrement de la porte pour entrer. Un bref sourire apparut sur son visage tandis qu’il s’apprêtait à la saluer. Mais aussitôt elle bredouilla qu’elle était désolée et qu’elle reviendrait plus tard, afin de le laisser se reposer. Depuis quand mentait-elle ainsi ? « Tu sais toujours que je reviens à l’aube, Evy.  » Le ton de sa voix était serein bien que très affirmée. Quatre ans qu’ils partageaient un quotidien, ça faisait beaucoup pour apprendre à connaître lorsqu’elle était mal à l’aise mais aussi lorsqu’elle cachait quelque chose. « De plus, tu ne réagis pas ainsi quand c’est pour m’apporter le thé et les œufs brouillés du matin.  » Ses doigts trainaient brièvement sur des lettres à rédiger et d’autres notes que son regard parcourait d’un air distrait. Il n’avait pas besoin de proximité ou de contact visuel pour se faire entendre : elle comprendrait rapidement. « Eh bien ? De toute évidence, ça semble suffisamment important pour que tu descendes si tôt et que tu n’attendes pas le réveil d’Elliott.  » Il aurait dû se douter que la jeune fille se levait toujours avant son comparse masculin qui était encore habitué à se lever à l’heure qu’il lui seyait. C’est alors que ses yeux clairs se levèrent enfin jusqu’au visage de la demoiselle. Anxieuse, troublée, c’étaient les mots qui semblaient le mieux définir son état d’esprit. Malheureusement pour tous ceux qui côtoyaient Abraham, il était médecin, médecin de l’âme plus précisément, et il avait eu des décennies pour s’entrainer à déceler les émotions que trahissait un regard franc. Evangeline avait quelque chose à lui dire et une bonne nouvelle n’aurait pas attendu aussi longtemps. Pour la mettre à l’aise, il s’assit confortablement sur sa grande et haute chaise de bois vernis avant d’entreprendre de rédiger une lettre somme toute banale. « Je t’écoute. »




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Evangeline Tilney
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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Sam 19 Déc - 20:33







The secret is out.



L'idée est de m'éclipser sans en ajouter davantage, sans devoir donner la moindre explication quant à mon arrivée soudaine et plus que matinale dans le bureau d'Abraham. J'ai trouvé, toute seule, une porte de sortie qui va m'éviter de dire ce que je ne veux pas dire, de confier ce que je ne souhaite pas confier car c'est bien cela la vérité : je ne souhaite réellement pas lui dire la vérité. J'ai bien trop peur de sa réaction, de sa colère même... Abraham n'a jamais réellement élevé la voix contre moi. Certes, il m'a et ce à plusieurs occasions, reprise sur certaines de mes réactions, certains des mes comportements, en particulier concernant ma façon s'aborder la chasse ainsi que ma façon d'aborder l'existence des créatures surnaturelles. On peut dire qu'il m'a, à chaque fois, remise dans le droit chemin mais il ne m'a jamais accablée de reproches. Or, c'est bien cela qui se profile à l'horizon pour moi bien que dans le fond, je ne puisse pas vraiment être jugée responsable de la présence de Thomas à Crimson Peak. Certes il était mon meilleur ami, plus que cela d'ailleurs, mais en étant aussi loin de lui, comment aurais-je pu influer sur son comportement et sur ses décisions ? J'ai bien essayé, avec une lettre, une seule et unique lettre qui lui a fait savoir que j'allais bien et qu'il ne devait pas essayer de me retrouver. Une lettre que j'ai envoyé il y a de cela trois années, alors pourquoi maintenant ? Je ne puis le savoir puisqu'il n'est pas encore venu à moi. Il ne m'a pas écouté, n'a pas suivi mes consignes, puis-je en être jugée comme responsable et coupable ? Non, et pourtant... Pourtant, c'est bien de la culpabilité qui me ronge de l'intérieur parce que je ne puis m'empêcher de me dire intérieurement que si j'avais eu le courage de lui parler de vive voix, que si j'avais eu le courage de lui dire droit dans les yeux que je m'en allais, 'il n'aurait jamais cherché à me retrouver, jamais. Et maintenant nous en sommes là : non seulement il m'a cherchée mais en plus il m'a trouvée. D'où l'intérêt de ma fuite pour éviter de devoir m'expliquer auprès d'Abraham. Une fuite ceci dit qui ne m'emmène guère plus loin que la commode où je viens de récupérer le chandelier. Je me fige tandis que mes doigts viennent de se refermer dessus, au moment où Abraham me dit que je sais toujours qu'il revient à l'aube.

Silence. Épaules qui s'affaissent : oui, je le sais.

Je relâche le chandelier, me retourne, observe Abraham du coin de l’œil tandis qu'il s'intéresse aux papiers se trouvant sur son bureau tout en ajoutant que je ne réagis pas de cette façon lorsqu'il s'agit de lui apporter le petit déjeuner avant d'ajouter que cela doit être important puisque je me suis donnée la peine de venir le trouver si tôt avant qu'Elliott ne se réveille. C'est là que je baisse le regard tout en commençant à me tordre les doigts : il me connaît si bien... Comment ai-je pu croire que je pourrais repartir sans lui donner la moindre explication ? J'ai beau ne plus le regarder, je perçois malgré tout les mouvements de sa silhouette et je relève brièvement le regard lorsque je ne perçois plus aucun mouvement pour me rendre compte qu'il vient de s'asseoir à son bureau et a commencé à rédiger une lettre. « Je t'écoute. » me dit-il et mon cœur s'emballe. Je l'observe en silence quelques instants et entreprends de m'approcher lentement de son bureau. Je m'arrête à peine à quelques pas, pourrais prendre place sur la chaise en face de lui mais n'en fais rien car je préfère rester debout : cela me sera plus facile de fuir s'il entre dans une colère noire. Il pourrait, qu'en sais-je après tout ? Nous n'avons jamais été dans une telle situation, jamais, alors j'ignore quelle pourra être sa réaction. Jamais notre famille et le secret qui y est confiné n'a été en danger jusque là et la présence de Thomas à Crimson Peak met bien ce secret en danger. Je prends une profonde inspiration, ne cesse de me tordre les doigts et baisse le regard pour m'intéresser au plancher. Abraham a beau ne pas me regarder, je préfère ne pas prendre le risque de croiser son regard, pas tout de suite car sinon, je risque de ne pas avoir le courage d'aller jusqu'au bout de mon récit.

« Il y a trois jours, lorsque je suis rentrée du travail et que je suis passée au bureau de poste pour récupérer notre courrier, j'ai vu Sir Ambrose et il m'a dit qu'un homme me cherchait. Il m'a dit que l'homme s'était présenté au bureau de poste pour demander si une jeune femme du nom d'Evangeline Tilney résidait à Crimson Peak. »

Prononcer à voix haute ce nom me fait monter les larmes aux yeux, des larmes que je parviens ceci dit à contrôler. Il me faut cependant marquer un petit silence avant de parvenir à reprendre la parole.

« Sir Ambrose a répondu à l'homme qu'il connaissait une Evangeline mais qu'elle s'appelait Evangeline Van Helsing. Il pensait donc que l'homme faisait erreur mais l'homme m'a ensuite parfaitement bien décrite alors Sir Ambrose lui a dit que la jeune fille qu'il cherchait habitait bien ici mais qu'il s'était juste trompé de nom. C'est à ce moment-là qu'il lui a demandé son nom à lui et il a dit s'appeler Sir Thomas Mansell... »

Ma voix se meurt lorsque je prononce le nom de Thomas et cette fois, je suis incapable de retenir une larme de couler sur ma joue que j'essuie d'un geste vif. Puis je poursuis. Il le faut.

« Sir Ambrose lui a donné mon adresse et il a vu que cela me contrariait mais je lui ai dit que ce n'était pas grave, qu'il avait bien fait. Je ne voulais pas qu'il se sente mal alors qu'il n'a rien fait de mal. Je lui ai dit que l'homme était un ami et il l'était... A l'époque, il l'était... »

Je fronce les sourcils et déglutis.

« Je ne l'ai pas encore vu mais il est ici. Thomas est à Crimson Peak. Je suis désolée Abe... »

Et ce n'est que là que j'ose enfin relever mon regard vers lui.




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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Mar 29 Déc - 22:29


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La plume grattait sur le rêche papier et l’encre s’immortalisait, prenant cette teinte légèrement plus légère au fur et à mesure qu’elle séchait. Abraham n’avait pas besoin de se concentrer sur les formules de politesse ou sur le contenu. C’était une habitude mécanique qu’il avait acquise des décennies durant alors qu’il officiait en tant que médecin. Être médecin ne résidait pas seulement dans l’art du diagnostic et de savoir guérir, elle demandait aussi de la contenance, de la consistance d’âme et d’humeur. A cette époque, les médecins diffusaient bien davantage de tristes nouvelles que de véritables miracles. Non seulement on devait avoir le poignet ferme et la main délicate mais leur langage aussi devait s’adapter à la personne en face d’eux. Des pauvres badauds marginalisés, des parents presque illettrés, il fallait savoir trouver les bons mots afin de se faire entendre et comprendre. Des centaines de patients l’avaient consulté, des cas divers et variés s’étaient présentés et avait requis la plus grande des attentions envers l’humain. Ainsi Abraham n’avait plus besoin de réfléchir durant ses correspondances. Les mots de l’homme de science, du quadragénaire éprouvé, filaient comme l’eau, limpides pour son destinataire. Il n’avait jamais été tenté de tourner autour du pot, d’enrober et d’édulcorer une vérité qui pouvait parfois s’avérer douloureuse. Lui-même avait décidé de ne pas se mentir et d’accepter l’échec quand on lui avait retiré son épouse après que le destin ne lui ait pris son fils. Il encaissait la défaite et choisissait de se la rémémorer chaque jour. La franchise et le tact bien plus que l’hypocrisie et les jolies formules, voilà l’adage de son existence et des valeurs qu’il s’était empressé de transmettre à ses enfants adoptifs. Encore aujourd’hui, il les rappelait parfois à l’ordre quand ils étaient tentés par la facilité du mensonge et des omissions. Ce n’était que la jeunesse qui faisait encore son œuvre au sein d’âmes fragilisées qui avaient connu des peines qui auraient dû être réservées aux moins méritants. Abraham ne blâmait pas Evangeline d’être aussi hésitante, aussi anxieuse à l’idée d’évoquer un sujet qui visiblement la troublait. Il s’efforçait de se montrer le plus attentif et le plus détaché possible afin que l’oreille du père puisse être la plus ouverte possible. Abraham n’était pas un surhomme et comme tous les êtres humains, il était particulièrement sujet à deux émotions dévastatrices : la peur et la fierté.

Et au fur et à mesure du récit de la rouquine, ces deux émotions agrémentèrent la rédaction d’Abraham d’une légère nervosité. Le bout de la plume s’écrasait plus sur le papier, tandis que l’écriture n’était plus aussi fluide. Les lettres semblaient avoir de plus en plus de difficulté à s’inscrire jusqu’à ce que finalement les doigts épais n’abandonnent la plume. Il aurait dû s’y attendre. Il aurait dû se préparer à l’éventualité que la fuite à Crimson Peak ne suffirait pas. Il aurait dû ne pas se montrer si négligent et penser que la naïveté suffirait quand il présenterait Evangeline comme sa fille adoptive. Alors que la pauvreté faisait rage et que la concurrence maltraitait jusqu’aux richesses les plus fournies, la générosité de l’adoption se raréfiait. Comment pourrait-on croire qu’il ajoute à son foyer une bouche de plus à nourrir sans qu’elle n’éveille la curiosité ? Et ses cheveux... Les cheveux aux reflets flamboyants avaient toujours excité la curiosité comme l’imagination. Maintes fois il avait songé à teindre ses cheveux en jais, mais il s’était toujours résigné parce que c’était la particularité d’Evangeline – celle qui faisait d’elle un être unique et la fille chérie qu’elle était désormais. Quelqu’un qui ne pouvait pas se permettre de perdre. « Je vois. » Le ton sec, les paroles brèves. Thomas Mansell était un élément du passé qu’il n’avait jamais considéré comme une menace. Les adolescents finissaient toujours par oublier leurs premiers émois, il s’était vainement raccroché à ce préjugé réconfortant. « Je vois que tu aurais mieux fait de te fondre dans la foule. » Abraham n’avait pas encore levé les yeux sur elle. La colère faisait lentement son chemin au sein de son être tandis que déjà, mille scénarios se bousculaient. « Je vois que tu n’aurais pas dû rester rousse. Je vois que j’aurais dû te faire appeler Mary. C’est si commun, Mary. » Le trouble émotionnel d’Abraham se traduisait souvent par les reproches, par des faits incisifs et très désagréables. « Je vois que Mansell avait tout le royaume pour te chercher et qu’il a choisi la très fameuse Crimson Peak. » Puis enfin son regard perçant épingla Evangeline. « Comment est-il arrivé jusqu’ici ? Il a des dons de médium que tu ignorais ? Sir Ambrose est le seul coupable ? » Tu ne comptes pas répondre à sa requête ? « Tu es désolée de quoi au juste Evangeline ? D’avoir entretenu son souvenir ? De lui avoir fait croire qu’il serait le héros de l’histoire ? Tu sais ce que sa présence implique ici ? » La voix d’Abraham était irrémédiablement moralisatrices et pourtant, personne ne pouvait se douter de l’autre côté de la porte, qu’il était bel et bien en train de pousser Evangeline dans ses retranchements.




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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Sam 16 Jan - 21:18







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Il devrait m'être facile de ne pas baisser le regard puisqu'il ne me regarde pas. Il devrait m'être facile de rester impassible, droite, inébranlable puisque je n'ai pas à affronter son regard mais en réalité, cela ne m'est pas plus facile, au contraire. Son détachement, sa froideur à mon égard ne me rend véritablement pas les choses plus faciles. Jamais il ne s'est comporté de la sorte avec moi, jamais, pourtant je n'ai pas toujours été une fille parfaite pour lui qui est devenu mon père. J'ai, à bien des reprises, été si loin de la perfection qu'il aurait sans doute voulu de moi mais jamais il ne m'en a tenu rigueur, jamais. Il m'a remise sur le droit chemin lorsque j'en ai eu besoin mais il l'a toujours fait avec amour même si dans ses mots et dans son attitude transparaissait nettement l'autorité dont il devait faire preuve. S'il ne m'a jamais dit de vive voix qu'il m'aimait, il me l'a prouvé à bien des reprises et je sais que j'éveille cet amour paternel dans son cœur, je le sais, alors, la façon dont il prend soin de ne surtout pas me regarder me met particulièrement mal à l'aise, me fait même véritablement mal au cœur. Que dire du moment où il abandonne sa plume pour que sa voix s'élève ensuite dans un « je vois » absolument terrifiant ?... Je suis pétrifiée sur place, pétrifiée par tant de froideur dans sa voix, par cette façon si concise qu'il a de s'exprimer alors qu'il ne m'a jamais habituée à cela. Pétrifiée, oui. Bel et bien. Mes doigts se tordent, se nouent et finalement, mes mains terminent emprisonnées l'une avec l'autre tandis que je fixe Abraham qui lui n'a toujours pas daigné relever son regard vers moi. D'autres mots s'échappent ensuite des lèvres de mon père adoptif, de celui qui a pris une place importante dans mon cœur depuis longtemps maintenant et ses mots me font si mal que les larmes me remontent aux yeux. Je me mords la lèvre inférieure, je tremble mais ne bouge pas. Je continue à le fixer tandis qu'il évoque ma chevelure, mon prénom qu'il aurait dû changer et quand il prononce le nom de Thomas et le fait qu'il soit venu me chercher ici, mon cœur manque un battement.

Est-il en train de m'accuser de quelque chose ? Est-ce cela qui se cache derrière ses mots ? Est-ce qu'il pense que j'ai fait en sorte que Thomas puisse me retrouver ?

Ma bouche s'entrouvre brièvement mais se referme au moment où Abraham relève enfin son regard vers moi, son regard qui me transperce de part en part de façon brutale et violente. Comme j'aurais voulu qu'il ne me regarde jamais de cette façon... Les reproches que je craignais arrivent enfin même si Abraham reste sommes toutes assez évasif dans sa façon de les aborder. Il me demande comment Thomas a pu arriver jusqu'ici et je sais qu'il sous-entend que j'ai dû jouer un rôle dans sa venue ici, davantage lorsqu'il me demande si Thomas est le seul coupable ? Mon cœur se serre, mon corps se crispe et si mes mains finissent par cesser d'être nouées, c'est juste pour venir essuyer rapidement des larmes au coin de mes yeux, des yeux que je finis par détourner, incapable de soutenir le regard d'Abraham un instant de plus quand il me demande de quoi je suis désolée. Je fronce les sourcils en entendant les reproches, les absorbant pour essayer de mieux les accepter ce qui n'est absolument pas une chose aisée. Cela l'est d'autant moins que ses reproches ne sont pas tous fondés ni justifiés. Certains oui mais pas tous. Oui, nous aurions dû changer la couleur de ma chevelure et mon prénom aussi. Oui, je suis la raison de la présence de Thomas à Crimson Peak mais je n'ai rien fait pour qu'il vienne me chercher jusqu'ici et quand Abraham termine par me demander si je réalise ce que sa présence implique, les mots parviennent enfin à prendre forme dans mon esprit, assez pour que je puisse les formuler à voix haute. Je refuse qu'Abraham pense une seconde de plus que j'ai fait en sorte que Thomas vienne jusqu'ici.

« Je ne sais pas comment il a pu me retrouver, je n'en sais rien. » je dis à Abraham en relevant finalement, au pris d'un certain effort, mon regard vers lui. « Ses parents ont de l'argent, lui aussi, s'ils ont payé la bonne personne... » Oui, cette personne a pu fouiller et terminer par me trouver, cela se tient. « Je ne lui ai jamais dit que nous étions ici Abe, je te le jure. J'ai... » Oh non... Il faut que je lui dise parce que si je ne lui dis pas il finira par par le savoir et cela ne fera qu'empirer la situation. Mieux vaut l'honnêteté, surtout maintenant. « Je lui ai écrit une lettre, il y a plus de trois ans de cela. » je m'empresse d'ajouter. « Nous n'étions même pas installés ici, nous étions en voyage. J'ai voulu lui écrire pour m'expliquer au moins un peu quant à mon départ. J'étais partie sans rien lui dire et je voulais juste lui faire savoir que j'allais bien, qu'il n'avait pas besoin de me chercher. Je lui ai écrit qu'il ne devait pas essayer de me retrouver... » Un silence. « Il ne m'a pas écoutée mais je n'ai pas entretenu son souvenir Abe... »

Je marque un nouveau silence, réfléchis plus avant et termine par secouer la tête en fronçant les sourcils.

« Je ne comprends pas pourquoi il est là, après tout ce temps... Je ne comprends pas mais je vais le trouver Abe, je vais aller le trouver. »

Mon cœur s'emballe à cette pensée mais pourtant, il faut bien que je le fasse.

« Je sais ce que sa présence implique mais il ne mettra pas notre secret en danger, je te le promets. »

Je m'avance sans doute trop à faire une telle promesse mais j'ai l'intention de tout faire pour la tenir, n'est-ce pas déjà beaucoup ?

« Je vais aller lui parler, je vais lui dire que je n'ai pas besoin d'un héros. Je vais lui dire que je n'ai absolument pas besoin de lui... »

Sur les derniers mots ma voix se meurt quelque peu. Je vais aller voir Thomas et lui dire ça. Est-ce que cela sera la vérité ? Je n'ai pas besoin d'un héros mais de là à dire que je n'ai pas besoin de lui... Est-ce vrai ? Je l'ignore moi-même en réalité. J'essaye simplement de m'en convaincre. J'essaye de convaincre Abraham.



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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Sam 30 Jan - 16:03


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Le discours du père adoptif se durcissait de plus en plus, alimenté par des craintes et des scénarios qu’Evangeline n’était pas même en mesure d’imaginer. Quand on venait à peine d’atteindre la fleur de l’âge, la majorité d’être, de paraître et d’enfanter selon la société, on ne pouvait pas comprendre tous les rouages qui se dissimulaient derrière les codes de son époque. Elle voyait le monde avec ses prunelles innocentes, elle lisait l’univers avec ce qu’on lui avait inculqué mais aussi ce qu’elle avait rêvé. Abraham avait toujours réprimé ce besoin fataliste de lui faire comprendre qu’elle n’était qu’un nouveau-né dans les rues de Crimson Peak, qu’elle ne représentait pas plus que ça. En revanche, sa silhouette frêle et ses courbes naissantes étaient tout à fait en mesure d’attirer le trouble sur elle. Ses paroles naïves et sa conscience de son environnement étaient à peine suffisamment développées pour ne pas être encore maladroites. Maintes fois, il s’était tu plutôt que de mettre le nez de ses protégés dans la fange de la vie. Maintes fois, il aurait pu leur ouvrir les yeux à propos de ce qui les attendait dans l’ombre. Il n’y avait pas que le surnaturel qui constituait un danger pour la vie – surtout quand on était une femme à l’ère victorienne. La Grande Reine avait pourtant esquissé ça et là des indices quant à l’influence de son pouvoir de femme sur le royaume. Elle avait laissé ça et là quelques moyens de s’en sortir sans naître et mourir sous le joug d’un homme. Mais ça n’était pas suffisant, la preuve : Evangeline avait fermement demeuré dans l’esprit de ce jeune Mansell qui s’était certainement imaginé la marier. C’était cet élan paternaliste qui avait fait croire à ce moineau qu’il était capable de lui venir en aide bien qu’elle n’ait pas besoin d’aide. Abraham restait toujours intimement persuadé de lui offrir une vie meilleure et d’être en mesure de la voir grandir, indépendante des autres sinon de lui. Il avait besoin qu’elle soit à ses côtés et qu’elle continue de l’admirer comme elle le faisait jusqu’ici. C’était sa docilité et son penchant pour lui qui lui avaient maintenu la tête hors de l’eau. C’était parce qu’il comptait pour quelqu’un qu’il n’avait pas fini dans les tréfonds de la vie. Et il n’acceptait pas que ça en soit de même pour le pauvre Mansell qui repartirait tout aussi bredouille qu’il était venu. Les justifications d’Evangeline ne faisaient que confirmer ses doutes. Inconsciemment, c’était elle qui l’avait positionné en héros. « Tu l’aurais laissé dans le silence, il aurait compris que tu te moques désormais de lui. » Cette affirmation était encore à confirmer. « C’est en lui écrivant qu’il a compris que tu pensais encore à lui comme il pensait encore à toi. Le cœur humain est avide, Evangeline, il est toujours en quête du moindre sentiment sur lequel se nourrir et rebondir. Thomas n’aurait rien fait jusqu’à ce que tu lui écrives. »

Le mal était fait. Qu’espérait-elle en allant le trouver ? On n’écartait pas un amour et un souvenir heureux d’un bref tête-à-tête. Le garçon semblait tout aussi borné qu’elle et la revoir ne ferait que confirmer ses soupçons. Et si tout se retournait et qu’il pointait du doigt l’implication d’Abraham ? Et s’il colportait partout la rumeur qu’il séduisait des filles et qu’il les arrachait de leur foyer et de leurs promesses ? Elle n’avait pas idée de ce que cette rencontre pourrait entrainer. A Crimson Peak, dans toute l’Angleterre même, on n’avait pas besoin de détenir la vérité. La rumeur, elle, était capable d’accomplir tout le travail par elle-même. Sa réputation ruinée, ses démons du passé exhumés, son droit d’exercer bafoué et on le traînerait jusqu’aux dettes d’un procès. Pour une fois, ça n’était pas pour elle qui s’inquiétait : elle finirait peut-être par être un peu heureuse en retournant auprès des siens. Mais pour lui, c’en serait définitivement terminé. « Regarde-toi. » Ses mots étaient bien choisis, si incisifs, si juste. C’était tellement facile de céder à la colère et de la laisser s’exprimer par ses paroles. « Qui essaies-tu de convaincre ? Je me doutais qu’on finirait par en arriver là. » Le quadragénaire laissa ses doigts noueux s’égarer dans ses cheveux châtain. « Tu ne pourras pas continuer à avancer de cette façon. Tu ne deviendras pas une grande justicière en côtoyant son passé, pas plus que tu ne seras une bonne épouse pour ce Thomas si tu continues de briguer un métier qui ne t’était pas destiné. Il faut choisir. » Puis son regard froid vint directement foudroyer le sien. Il n’avait pas le droit de laisser la tendresse se mêler à cette discussion houleuse et au fil des années, il avait parfaitement appris comment la laisser derrière. « C’est simple. Je refuse que tu ailles le voir. Mieux, je m’en chargerai. C’est facile pour un père de se montrer méfiant et menaçant quand un intrus vint rôder autour de sa fille. » Il se leva dignement, brutalement pour appuyer sa décision. « Si tu veux rester ici, il est hors de question que tu revois ce garçon. Si je dois lui faire peur, si je dois le blesser pour qu’il s’en aille, il vaut mieux que ce soit moi qui m’en charge. » Sous-entendait-il qu’elle était encore trop faible pour exécuter cette tâche ? Pensait-il réellement qu’elle acquiescerait en silence ? Bien sûr que non, parce qu’Evangeline était juste humaine. Tout comme lui, autrefois, lorsqu’il avait tout perdu. « Pour lui, tu es morte. » Désolé mon enfant de t'infliger un tel coup.




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Evangeline Tilney
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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Dim 7 Fév - 11:48







The secret is out.



Il est fort difficile de se rendre compte que l'on déçoit une personne que l'on porte dans son cœur. C'est même en réalité à la limite du supportable. Que le passé revienne me hanter est une chose, décevoir Abraham en est une toute autre et tout cela mélangé est terriblement douloureux. Je ne peux que détourner le regard, je ne peux que baisser le visage, honteuse tout à coup de ne pas avoir su gérer la situation comme Abraham aurait souhaité que je la gère, de ne pas avoir été sa digne fille car c'est bien cela dont on parle : je n'ai pas été celle qu'il voulait que je sois. Il a raison, je n'aurais pas dû écrire à Thomas mais je pensais bien faire et surtout, je pensais qu'il méritait des explications que je n'avais pas été capable de lui donner lors de mon départ. Il méritait tellement mieux, tellement mieux... Que moi. Cette réalité là est tout aussi douloureuse car je l'ai aimé. Je l'ai véritablement aimé et j'aurais voulu être son épouse, lui offrir de beaux enfants, vivre avec lui une vie simple mais heureuse, mais on ne m'a pas demandé ce que je voulais : on m'a juste pris mes parents de la plus terrible des façons et on m'a laissée seule avec ma douleur et mes envies de vengeance. Jusqu'à ce que je rencontre Abraham. C'est lui qui a été mon salut, lui. Et c'est parce que c'est lui justement que ses mots me font si mal et qu'il me coupe presque la respiration. Quand il me jette à la figure ce « regarde-toi », j'en vacille légèrement : un coup en plein visage ne m'aurait pas fait moins mal. Je me crispe, ravale mes larmes non sans mal, et me mords l'intérieur de la joue quand il poursuit et que je découvre qu'il est loin d'être dupe : il me connaît. Il me connaît vraiment et je peux essayer de tromper qui je veux, je peux essayer de me tromper moi-même mais certainement pas Abraham. Certainement pas lui non et le savoir, même si cela me fait mal, me permet de remettre mes idées en place.

Doucement, chaque chose retourne à sa place et cela me calme.

je finis par relever mon regard vers Abraham et même si le sien est particulièrement dur, je parviens à le soutenir, à ne pas ciller : pas cette fois. Ses mots sont vrais, justes, je les entends et les accepte, non sans en éprouver une certaine douleur, mais je les accepte. Jusqu'à un certain point en tout cas. Quand il m'annonce qu'il refuse que j'aille voir Thomas, je fronce les sourcils, entrouvre la bouche sous la surprise et surprise, je le suis davantage à chaque mot qu'Abraham prononce. Lorsqu'il se lève soudain, j'en sursaute presque tant il m'apparaît soudain menaçant. Puis, je l'entends me dire que si je veux rester ici, je ne dois pas revoir Thomas, que c'est lui qui va s'en occuper et qu'il lui fera peur et le blessera si cela est nécessaire pour qu'il s'en aille. Ces mots-là éveillent une toute autre chose en moi : l'envie de défendre Thomas. J'ai beau ne plus faire partie de sa vie et il a beau ne plus faire partie de la mienne, je refuse qu'Abraham lui fasse du mal. Je le refuse. Et quand finalement il ajoute que je suis morte pour Thomas, bien qu'il soit dans la vérité, je ne peux acquiescer sans mot dire, je ne peux le laisser me forcer à agir de cette façon. Je ne suis pas enfermée dans une cage, je ne suis pas sa prisonnière : je suis sa fille mais je ne me tairais pas, je ne me plierai pas à sa volonté, pas à propos de cela. Je prends une profonde inspiration, puise le courage dont j'ai besoin et viens me placer face à Abraham. Mon visage et mon regard sont résolus : ma volonté est forte, puissante. Je ne plierai pas.

« Non. » je réponds d'une voix qui manque légèrement d'assurance, alors je reprends. « Non. » je répète avec cette fois-ci plus de force. « Je ne te laisserai pas faire ça. Tu ne peux pas. » Les larmes me remontent aux yeux lorsque je repense aux derniers mots d'Abraham mais ma résolution n'en est pas amoindrie. « Je suis morte pour lui. Je le sais parce que la fille qu'il a connue est morte. Elle est morte ce soir-là, quand elle est rentrée chez elle et qu'elle a découvert les corps massacrés de ses parents. Elle est morte. Elle a cessé d'exister et il le savait déjà. Avant que je parte, il s'en était aperçu. » Je me rappelle ses mots, cette conversation qu'il a eue à cette époque avec sa mère sans qu'il ne sache que j'étais dans le couloir, cachée, capable d'entendre tout ce qu'il disait. C'est d'ailleurs cette conversation qui a fini de me convaincre que je devais partir. Je soupire. « Bien sûr que le savoir là réveille le passé mais c'est du passé justement. Je ne te mentirai pas : il compte toujours beaucoup pour moi et il comptera toujours parce qu'il n'a jamais fait qu'être là pour moi et m'aimer de tout son cœur. Il ne m'a jamais fait de mal, c'est moi qui lui ait fait du mal, deux fois. Et je vais lui en faire une troisième fois mais je vais le faire, pas toi. Moi. C'est à moi de le faire. » J'observe Abraham un instant en silence puis me rapproche encore un peu de lui. « Il doit me voir sinon il ne partira pas. Je le sais. Je le connais. Il doit voir que je vais bien et il doit surtout voir que ce qu'il croyait vrai à l'époque où j'étais chez lui est encore plus vrai aujourd'hui : celle qu'il a aimée est morte et il doit le voir pour le croire. Alors je vais aller le voir parce que même si je ne veux pas de lui dans ma vie, je ne veux pas que tu lui fasses du mal. » Un silence, je fronce les sourcils, serre les poings. « Et j'ai choisi. » Ce qu'il a dit me revient et me blesse de nouveau en fait. « Tu sais que j'ai choisi, ce soir-là, dans la ruelle... J'ai choisi, je t'ai choisi toi, et cette vie. Mon choix est fait depuis longtemps et ce n'est pas parce que Thomas réveille des choses douloureuses du passé que tu dois douter de moi. Comment peux-tu douter de moi ? J'ai fait des erreurs, c'est vrai, mais qui n'en fait pas ? Es-tu parfait ? Elliott est-il parfait ? Comment peux-tu douter de moi et croire que j'ai encore besoin de choisir alors que le choix est fait depuis longtemps ? »

C'est important pour moi de lui dire. Tellement important...





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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Jeu 3 Mar - 20:26


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Le bureau était le théâtre d’un premier désaccord entre le père et la fille. Après plusieurs mois de soutien et d’apprentissage, des années durant lesquelles ils avaient été le pilier indéfectible de l’autre, ils connaissaient leurs premières divergences d’opinion. Maintes fois, elle avait protesté face à des ordres ou des conseils qu’elle ne comprenait pas. Plusieurs fois, Abraham avait fermement remis en cause le jugement de la jolie rousse, persuadé qu’elle se laissait avoir par ses vieux démons. Mais tout avait toujours été dit et débattu dans le respect. Il lui avait enseigné l’art de chasser, l’art de réfléchir comme une chasseuse et la difficile tâche de délaisser ses émotions d’humaine lorsque la situation l’exigeait. Pourtant il n’avait jamais autant apprécié l’humanité de quelqu’un : Evangeline était l’être à l’état pur dont les prunelles ne mentaient pas et dont les paroles ne cherchaient pas la duperie. Il avait su lire en elle depuis leur première rencontre à l’enterrement de ses parents et depuis, il lui avait laissé la possibilité d’apprendre et d’appréhender ses réactions à lui. Entre eux, il n’y avait que la franchise et la limpidité d’un lien entre père et fille. Il n’y avait toujours eu que ça jusqu’à aujourd’hui. Par ses mots, par sa décision arbitraire, Abraham se sentait obligé de rétablir une hiérarchie qui ne lui plaisait guère : lui le protecteur et elle, la protégée. Lui la seule personne en mesure de savoir ce qui était bien pour son salut et sa sécurité contre elle, la jeune fille prisonnière de ses sentiments ambigus à l’égard de son ami d’antan et de sa vie antérieure. Il était obligé de la considérer comme partiale, irréfléchie, même dangereuse pour elle-même pour qu’il soit à nouveau celui qui la préserverait des erreurs à commettre. Que lui offrait-elle comme choix sinon d’être celui à qui elle en voudrait quelque temps ? Vingt-quatre heures, trois jours, une semaine. Il était prêt à endurer sa rancune pour peu qu’elle finisse par accepter son intervention auprès de ce Thomas. Il était résolu à faire écho à son insouciance, au fait qu’elle ne pouvait pas prévoir la réaction d’un ami d’enfance éconduit. Il pouvait bien avoir toute la confiance du monde en sa détermination et sa volonté à le faire quitter Crimson Peak mais Evangeline n’était malheureusement pas douée d’un don de persuasion inné qui inciterait Thomas à lui tourner le dos sans poser de question. Si le garçon avait puisé suffisamment de raisons et d’obstination pour faire le chemin jusqu’ici depuis la capitale, il n’allait certainement pas repartir sans son dû, du moins pas sans les réponses qu’il était venu chercher. Abraham le remarquait dans ses iris clairs, humides de larmes refoulées : elle n’était pas prête à tirer un trait sur Mansell pas de la façon aussi dérobée qu’elle l’avait fait auparavant. Elle voulait obtenir réparation auprès de lui et se faire pardonner à défaut de pouvoir le suivre jusqu’à Londres. Et elle ne comprenait pas qu’au fond, ça n’était pas elle qu’il craignait le plus mais bel et bien la puissance de l’amour d’un jeune homme venu pour libérer sa favorite.

Les arguments continuaient de s’échapper des lèvres de l’apprentie chasseur comme si elle avait répété des heures durant ou peut-être était-ce la simple spontanéité de son cœur qui parlait là ? Elle lui tenait tête et était prête à se montrer désobéissante pour peu qu’elle puisse le retrouver. « Comment peux-tu parler en son nom, Evangeline Tilney ? » Lorsqu’il prononçait son nom en entier, son patronyme oublié parce que tu depuis si longtemps, Abraham traduisait toute la colère qui l’habitait. Il prenait de la distance avec la rouquine dans l’espoir qu’elle courbe le dos à son autorité et qu’elle comprenne qu’il ne s’agissait pas d’un jeu d’adolescents. Tout était si lourd de conséquences… « Alors tu préfères donc lui faire du mal toi-même ? Tu préfères que son doux souvenir de toi ne soit qu’une réminiscence amère ? » Il n’avait cure de l’interrompre parce qu’il ne souhaitait pas qu’elle aille au bout de sa réflexion. Il ne voulait pas être convaincu par ses mots parce qu’il avait décidé d’être une fois de plus le bourreau et le mur entre les âmes conquises. Puis, Abraham flancha légèrement lorsqu’elle évoqua à nouveau le choix qu’elle avait fait. C’était lui qu’elle avait suivi alors qu’il n’avait été qu’un inconnu. C’était lui qu’elle avait suivi alors qu’il lui avait promis l’inconnu et la difficulté du quotidien. Son visage demeura de marbre mais un œil affuté put apercevoir sa mâchoire se serrer davantage tandis qu’une main fébrile vint rassembler les papiers éparpillés devant lui. C’était un choix que personne ne regrettait mais qui hantait encore aujourd’hui Abraham. Avait-il pris une bonne décision d’arracher des âmes prometteuses à leurs habitudes ? Peut-être les avait-il arrachés à leur destin pour son propre compte. « Tu ne l’as pas entendu. Tu ne mesure pas l’ampleur de sa motivation d’être ici. Il est venu dans les recoins du nord de l’Angleterre, dans une ville qui condense le meilleur comme le pire. Penses-tu qu’il te laissera ainsi le congédier sans se battre ? Tu n’as passé qu’avec lui les belles années de l’enfance, que sais-tu de l’homme qui vient te voir aujourd’hui ? » Il élimina toute trace de tremblement en posant ses mains à plat sur le sous-main de cuir. Combien de fois l’avait-il imaginée, franchissant les portes de ce manoir pour ne jamais revenir ? Elle n’avait idée. « Si nous ne sommes pas parfaits, ton Thomas l’est-il ? Aura-t-il cette force de caractère, cette force de résignation alors qu’il fera face à l’objet de tous ses désirs et de tous ses remords ? Tu es sans doute la plus belle action qu’il ait à accomplir de toute sa vie de londonien plutôt bien loti. » Abraham scruta les yeux à la fois implorants et déterminés de la jeune femme avant de statuer une nouvelle fois, implacable. « Je n’ai pas confiance en lui. Si je te dis va et que tout ne se passe pas comme tu l’avais prévu dans ta petite tête ? Si Elliott t’accompagne, en simple chaperon, accepteras-tu ? » Bien entendu, il ne comptait pas se montrer si conciliant. « Il ne mettra pas les pieds ici et cette entrevue sera la toute dernière qu’il aura à Crimson Peak. Tu ne répondras pas de ses actes mais je répondrai des miens si toutefois il se montre récalcitrant. Et je crois que tu as un aperçu de ce que la volonté d’un homme peut accomplir. » Il suffisait qu’elle l’observe lui tout comme Eliott : deux stades d’un même sexe, d’une même façon de persévérer.




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MessageSujet: Re: The secret is out. {PV Abraham} Dim 20 Mar - 12:01







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N'a-t-il donc pas compris qu'il est tout ? Non, que lui et Elliott sont tout pour moi ? J'ai fait un choix, il y a longtemps maintenant, j'ai choisi de le suivre, j'ai choisi cette vie-là parce que l'autre vie n'était plus pour moi, parce que l'autre vie s'était terminée en même temps que la vie de mes parents. Et Thomas, il appartient à cette ancienne vie. Il aura toujours une place dans mon cœur, c'est vrai, mais il appartient à cette ancienne vie et je ne comprends pas qu'Abraham soit incapable de voir cela. Je ne comprends pas qu'il aille jusqu'à remettre en cause ma dévotion à la cause, à la mission. Qu'il aille jusqu'à remettre en cause ce qu'il représente pour moi... Car c'est bien ce qu'il fait. Oui, c'est bien ce qu'il fait, en particulier quand il ose m'appeler par mon ancien patronyme. Cela me blesse davantage que tout le reste. Ce nom, il n'est plus mien depuis longtemps maintenant, j'y ai renoncé comme j'ai renoncé à tout le reste et certes, je sais que s'il l'emploie c'est sans aucun doute plus poussé par la colère que par autre chose mais le résultat est le même : c'est terriblement blessant. Je ne suis plus une Tilney : je suis une Van Helsing. Ou, du moins, je pensais l'être, mais peut-être avais-je tort ? Peut-être ne voit-il toujours en moi que cette chose fragile qu'il a recueillie ? Or, déjà à l'époque, je n'étais pas une chose fragile. J'avais vu l'horreur, j'avais vu le pire, et j'avais laissé la fragilité au placard. Alors quoi ? Que veut-il de plus ? Je lui ai prouvé que j'étais digne de porter ce nom. Je lui ai prouvé que j'étais plus capable de me débrouiller et ce, même si j'ai encore beaucoup à apprendre. Ce n'est cependant pas suffisant. Pourtant, je suis bien décidée à lui prouver qu'il a tort de ne pas me faire pleinement confiance. Alors, quand il me demande si je préfère, moi, faire du mal à Thomas, je relève légèrement le visage, plante mon regard dans celui d'Abraham et hoche doucement la tête en formant un « oui » silencieux avec mes lèvres. Oui, je préfère être celle qui le repousse. Oui, je préfère être celle qui l'achève car c'est à moi de terminer ce qui a été commencé.

C'est tout.

Je garde la même attitude lorsqu'il vient à parler de la motivation de Thomas. Je reste de marbre et pourtant, ce n'est pas simple. Je prends sur moi, redeviens progressivement celle que je suis censée être. Bien sûr, intérieurement, mon cœur est meurtri tant part la connaissance de la présence de Thomas à Crimson Peak que par l'attitude d'Abraham à mon égard mais je puise assez de force pour me reforger un masque. Je n'adopte pas une attitude de défi, non, juste une attitude d'assurance. Je détourne ceci dit légèrement le regard lorsqu'il parle plus avant de Thomas, de ce que j'ignore de lui, et, quand il ajoute que je suis sans doute la plus belle action qu'il ait à accomplir je soupire en secouant légèrement la tête. Non, non... Il a tort. Il ne connaît pas Thomas : il n'est pas pour ça, il est là pour avoir des réponses et pas pour me ramener là-bas. Ou alors est-ce Abraham qui est dans le vrai ? Thomas a-t-il changé au point d'être venu jusqu'ici pour me forcer la main ? Il ne pourra cependant pas aller contre ma volonté et ma volonté est infaillible : je ne veux pas partir d'ici. Je relève mon regard vers Abraham au moment où il le capter avec le sien et me tient toujours aussi droite et impassible quand il me dit qu'il n'a pas confiance en Thomas. Dans un sens, il n'a pas tort : il est possible que tout ne se passe pas comme prévu. Je fronce légèrement les sourcils quand il parle d'Elliott, de son éventuelle présence à mes côtés. Non... Pas Elliott. J'ouvre la bouche mais la referme aussi sec quand Abraham tranche en annonçant que Thomas ne mettra pas les pieds ici et que cette entrevue sera la dernière. Je fronce de nouveau les sourcils et me contracte quand il ajoute qu'il répondra de ses actes si toutefois Thomas devait se montrer récalcitrant. Quant à sa volonté, à leur volonté à tous les deux, oui, je sais. Ils ne sont cependant pas les seuls à être habités par une puissante volonté. Je ne suis pas une faible chose. Il est temps qu'il cesse d'en douter. Je fais un pas vers lui.

« J'entends ce que tu me dis et tu as raison. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps et il a sans doute changé mais, quand bien même il serait venu pour autre chose que des réponses et des explications, quand bien même il serait venu pour essayer de me ramener avec lui, tu sembles oublier que je n'ai pas envie de repartir. C'est ça, ma volonté, à moi : rester ici, avec toi et Elliott. »

Je porte ma main à mon cœur comme pour attester de la véracité de mes propos.

« Et c'est cela que je vais lui dire. Peu importe ce qu'il a été pour moi et ce qu'il est aujourd'hui. Je n'ai aucun désir de repartir avec lui, aucun et il ne me forcera pas. S'il essaye de me forcer... » Je secoue doucement la tête et termine par hausser les sourcils. « Crois-tu que je sois incapable de me défendre face à lui ? Qu'il ose lever la main sur moi pour me faire partir d'ici, qu'il ose... »

Cette idée me fait frissonner. Je n'imagine pas Thomas colérique ou violent mais Abraham a raison : c'est possible. Ceci dit, si jamais cela arrivait, je serais capable de me défendre.

« J'espère que nous n'en arriverons pas là mais si c'est le cas, ce sera à moi de faire en sorte qu'il s'en aille. A moi, mais... » Un silence. Je fais de nouveau un pas vers Abraham. Ma respiration s'emballe quelque peu. « Je voudrais que toi, tu m'accompagnes Abe. Ce n'est pas d'Elliott dont j'ai besoin, c'est de toi. Je te l'ai dit, je me sens capable de le faire partir mais... » Je soupire. « Si jamais mes gestes à moi n'étaient pas suffisants, les tiens le seraient. Je ne veux pas qu'on lui fasse du mal, je ne veux pas qu'on en arrive là mais si jamais il... » Nouveau frisson. « Si jamais il est incapable de comprendre, si jamais il insiste, si jamais je ne parviens pas à le faire partir, toi, tu y arriveras mais tu dois me laisser essayer. Mes mots et ta présence à mes côtés lui suffiront peut-être. »

Et s'il refuse, alors je vais devoir me faire davantage violence encore pour le faire changer d'avis.



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