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Destin croisé

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MessageSujet: Destin croisé Lun 28 Déc - 20:25

L'hiver... N'était-ce pas là, la plus merveilleuse des saisons ?
Le soleil brillait à peine et la nuit arrivait toujours plus vite, durait bien plus longtemps. Bien que le manoir était hermétique à la lumière du dehors, la maîtresse de maison gardait cette habitude de se lever uniquement lorsque les derniers rayons du soleil disparaissaient pour laisser place à la lune. Dans un grincement sinistre, le cercueil de bois s'ouvrit doucement alors qu'une main aux doigts fins agrippa le rebord et qu'une silhouette se redressa doucement. Dans la pénombre, le vampire resta immobile quelques instants, laissant ses yeux observer le mur face à elle. Au milieu une fenêtre couvert par de lourds rideaux aussi noirs que la nuit. Doucement elle se leva, dévoilant une taille fine, élégante alors que sa peau d'albâtre était tout juste couvert par un tissu immaculé à demi transparent beaucoup aurait jugé cette tenue indécente parce qu'elle laissait apercevoir mais Winni se savait belle par sa nature vampirique et rien n'était trop beau pour les yeux de son époux.

Dans le silence le plus total, la femme s'approcha du rideau et l'écarta doucement, veillant à ce que la nuit soit bel et bien tombé puis saisit le tissus à pleine main et d'un reste vif, repoussa complètement le rideau, laissant les rayons lunaires envahir la pièce. Au-dehors la neige tombait doucement alors que le jardin de la demeure s'était recouvert d'un manteau blanc et que la fontaine avait entièrement gelé. Quelle vision magnifique... Un nouveau grincement se fit entendre et une lumière tamisée attira l'attention d'immortel qui pivota le visage, posant son regard d'un bleu hypnotisant sur la petite femme ronde qui venait de faire irruption.

« Madame... Bonsoir, votre repos a-t-il été bon ? »

« Bonsoir Sarah... Oui, il fut agréable. Mon mari est-il présent ? »
« Oh... Non madame... Il est sorti il y a quelques heures déjà, il a précisé rentrer pour le dîner. »
« Très bien, dans ce cas j'en profiterais moi aussi pour prendre l'air. Préparez mes affaires, voulez-vous ? »

L'humaine s'inclina et quitta la pièce. Malgré ce demi-siècle auprès de Stephen, Winnifred avait encore du mal à se dire qu'elle avait besoin de domestique. Il fallait pourtant l'admettre, sans voir son reflet dans un miroir, cela était difficile de se faire présentable. Elle était une dame à présent, il était impensable qu'elle ressemble à une vulgaire femme du peuple. Stephen ne l'aurait de toute façon pas permis. Il ne fallut pas longtemps à la vampire pour s'apprêter et de prendre la calèche pour rejoindre la ville. Malgré le froid et l'heure, il y avait foule dans le quartier. Vêtue d'un long manteau sombre, la dame Heathcliff marcha tranquillement avant d'entrer dans une boutique. Le lieu n'était pas bien grand, peu éclairé et presque étouffant tant il semblait malsain. Face à Winni, une multitude de visages taillés dans le bois ou en porcelaine, habillé de petites robes et de ruban. Toutes ces poupées avaient de quoi mettre mal à l'aise, pourtant la femme s'approcha doucement et sourit, posant son regard sur le comptoir puis fixa le vendeur. Un vieil homme à lunettes qui se leva de sa chaise.

« Bonsoir, que puis-je pour vous Madame ? »
« Bonsoir... je me demandais... Vous reste-t-il des poupées de porcelaine aux cheveux blonds ? »
« Bien sûr Madame. »
« Parfait. Mon mari et moi allons bien tôt avoir un enfant, je tenais à lui faire ce cadeau pour son arrivée. »
« Oh, félicitation mais... Ce n'est peut-être pas un cadeau approprié pour un bébé... »
« Je n'ai jamais fait mention d'un bébé. »

Un rire soufflé passa les lèvres de la femme alors que l'homme fronça légèrement les sourcils et s'empara d'un exemplaire invendu. Avant même qu'il ne la présente à sa cliente, celle-ci afficha un sourire ravi et lâcha joyeusement.

« Elle est parfaite ! Je la prends ! »

Perplexe, l'homme posa le jouet sur le comptoir avant de prendre une boîte et de déposer la poupée à l'intérieur. Winnifred posa un regard rêveur sur l'objet de sa convoitise et soupira faiblement. Oui, bientôt Stephen lui rapporterait un autre enfant, un parmi tant d'autres... Combien étaient déjà passés entre ses bras avant de finir sous ses crocs simplement pour satisfaire une faim insatiable ? Chaque fois elle se promettait qu'elle ne lui ferait pas de mal et chaque fois... Son petit cou finissait déchiqueté par sa morsure. Infanticide... La femme haussa doucement les épaules et déposa de l'argent sur le comptoir, plus que nécessaire à dire vrai, l'homme tendit la boîte et souffla.

« Madame, vous avez donné trop d'argent, cette poupée vaut à peine la moitié de cela... »
« Peu importe, gardez la monnaie mon brave. Vous ferez bientôt le bonheur d'un enfant, réjouissez-vous ! »

Winnifred s'empara de la boîte et pivota rapidement, filant droit vers la porte qu'elle ouvrit avant de s'engouffrer dans le froid de l'hiver. Oui, bientôt elle sera une mère comblée, durant l’espace de quelques jours, jusqu'à ce que sa folie ne prenne le dessus. Ajustant le col de son manteau, le vampire donnait vraiment l'illusion d'être sensible au froid... Une comédie, rien qu'une comédie. Elle tourna au coin de la bâtisse, heurtant quelqu'un de plein fouet et laissa tomber la boîte qui contenait la poupée. Sans même regarder qui avait bien pût lui rentrer dedans ainsi, la femme se baissa, refermant la boîte qui s'était ouverte sous le choc et lâcha.

« Navré, pardonnez-moi je... »

Elle se redressa vivement, affichant un sourire timide avant de voir le visage qui lui faisait face. Cheveux mi-longs et bruns, yeux de la même teinte et une barbe légère. Si elle était encore une servante de Dieu, Winnifred aurait sûrement prié à ce moment... Devant elle se dressait un être à la ressemblance affreusement troublante de son ancien fiancé qui avait séparé sa tête de son corps. Troublé et effrayé, la femme resta immobile, serrant la boîte contre sa poitrine et souffla d'une voix brisée par l'émotion.

« Abraham.... ? »
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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: Destin croisé Lun 4 Jan - 22:53


Memories turn to dust
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L’aiguille piqua le bout du doigt, s’infiltra sensiblement à travers la fine peau. Abraham poussa un juron à voix basse avant de déloger l’intrus. Son regard noisette s’égara sur la porte afin de vérifier qu’Evangeline ne l’avait pas entendu se plaindre et qu’elle ne viendrait pas vérifier sa maladresse à la couture. Après près d’une décennie sans son épouse, l’homme avait dû apprendre à se débrouiller seul pour le labeur ménager et les tâches qui incombaient d’ordinaire à la femme de maison. Incapable de rester un seul instant paresseux – la léthargie l’ennuyait au plus haut point et lui donnait la sensation de mourir à petit feu – ça l’importunait peu de devoir s’occuper de son linge et de devoir mettre la main à la pâte. Depuis qu’il était revenu à Crimson Peak, il avait engagé une domestique pour des raisons pragmatiques et parce que l’apprentissage de ses enfants adoptifs était la priorité de son quotidien. Néanmoins, il avait gardé des habitudes de sa vie de traqueur solitaire : c’était lui qui cousait les vêtements destinés à leurs escapades nocturnes. Un manteau ne devait pas s’accrocher dans les branchages durant une course-poursuite, les poches devaient supporter des poids lourds et d’autres devaient rester secrètes aux yeux d’un simple badaud. Il avait même appris à travailler le cuir pour perfectionner ses sacoches de médecin et ses havresacs de chasseurs. C’était la seule tâche qu’il s’était gardée et qu’il continuait d’exécuter par lui-même, le plus souvent au crépuscule lors d’une nuit paisible. Il aimait la lueur de la bougie pour éclairer ses doigts épais, pour guider ses gestes au fil de sa couture. Il aimait le calme des enfants absents ou endormis, des employés congédiés. Et puis, si enfin il finissait par se piquer, incident plus fréquent qu’il ne l’avouait, personne n’était là pour remarquer sa gaucherie. Evangeline, en particulier, était toujours demandeuse pour l’aider voire le remplacer dans cette tâche, certainement un vestige de son éducation de fille de bonne famille. Elle était demandeuse tout court, toujours envieuse d’activité et de proximité avec Abraham. Il ne repoussait jamais ces besoins qui étaient secrètement partagés mais coudre pour eux, faciliter leur quotidien et pouvoir leur prodiguer ce dont ils manquaient étaient les seules choses qu’il se réservait à lui-même et lui seul.

Abraham observa un instant une goutter de sang perler de la piqûre à peine visible à l’œil nu. Le sang et les réactions physiques du corps ne l’avaient jamais fasciné. En tant que médecin, il était bien plus intéressé dans ce que l’esprit pouvait provoquer dans le corps d’un patient. Néanmoins, depuis qu’il chassait les vampires, il s’était toujours interrogé au sujet de cette avidité du sang d’autrui, du fluide qui constituait la vie même d’un être humain. Comment pouvait-on se délecter de son goût ferreux et écœurant ? Il se contenta d’essuyer son doigt avec son mouchoir en tissu, laissant le saignement s’arrêter progressivement. Il était temps de prendre une pause. La nuit venait à peine de tomber mais la soirée, elle, allait encore être longue. L’hiver, Abraham dormait peu. Déjà qu’il trouvait si rarement le repos, lorsque les nuits étaient longues, les insomnies devenaient nombreuses – comme s’il craignait un jour de ne jamais se réveiller. Se redressant sur sa chaise, il examina le tissu qui lui restait et décida qu’il en manquait. C’était l’occasion rêvée d’aller prendre l’air et d’aller palper l’atmosphère de nuit dans Crimson Peak. Certains magasins continuaient d’ouvrir tard, profitant des ouvriers et des nantis qui achevaient leur propre journée de travail. Il n’aurait aucun mal à trouver des âmes dans les rues froides de la ville basse. Lorsqu’il s’engouffra dehors, la brise glaciale vint aussitôt frapper ses joues tandis qu’Abraham mettait son chapeau sur sa tête. Il rabattit les pans de son manteau de laine sur lui et marcha lentement dans la neige grinçante à la recherche d’échoppes encore ouvertes. Le médecin n’avait pas peur d’être parmi les plus démunis et certaines personnalités louches. Comme dans toutes les villes anglaises, les trafics et les noirceurs s’éveillaient le soir mais bien souvent, ils préféraient se tapir entre quatre murs de brique là où personne ne viendrait les chercher. Il laissait son regard vagabonder çà et là autour de lui jusqu’à ce que, au détour d’une ruelle, il ne percute de plein fouet une silhouette féminine.
« Excusez-moi madame. » s’empressa-t-il de dire au même moment que la jeune femme. Il la laissa ramasser son dû tout en s’inquiétant de son état. « J’espère qu’il n’y avait rien de fragile. » A peine eut-il levé les yeux vers elle que l’inconnue prononça son nom. Lui qui était pourtant physionomiste, du moins était obligé de l’être, il ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Sa mémoire commençait-elle à lui faire défaut. « Lui-même. Pardonnez-moi mais nous nous sommes déjà rencontrés ? » Abraham remarqua aussitôt le trouble chez la jeune femme et une main rassurante se posa sur son avant-bras, craignant qu’elle n’ait subi un choc quelconque. « Vous allez bien ? »




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MessageSujet: Re: Destin croisé Mer 6 Jan - 18:25

Comment pouvait-il être ici ? C'est à peine s'il avait changé... Même visage, même barbe et moustache, même coupe de cheveux... Seul le style vestimentaire était différent, mais les choses avaient beaucoup évolué en cinquante ans. Cinquante ans... Abraham avait-il lui aussi trouvé un moyen de braver le temps, renonçant à la vieillesse ? Une foule de sentiments traversèrent la pauvre Winnifred encore sous le choc. Amour, tendresse, tristesse, haine... Cet homme lui avait donné autant de bonheur que de malheur. À cause de lui, pur lui, elle avait été damné, soumise à une immortalité qui la poussait à voir son entourage vieillir et mourir. Le trouble s'installa, rongeant son cœur en peine alors que l'homme semblait ne pas la reconnaître. Une farce, c'était forcément une farce. Serrant la boîte contre sa poitrine, Winni souffla un instant, trouvant tout juste la force de s'exprimer.

« Juste une poupée.... »

Elle déglutit difficilement, que faire à présent . Si elle allait bien . Nullement. L'amour, toujours présent malgré les décennies, se mua doucement au fil des secondes, devenant une tristesse presque maladive. Si cœur avait pût battre encore, il lui aurait probablement fait un mal de chien à cet instant. Pourquoi ne la reconnaissait-il pas ? Ils s'étaient pourtant aimé si fort tous les deux, avant qu'il ne préfère sa cadette qu'elle avait sauvagement tuée.

« Mais... Aby.... C'est moi, Winnifred ! »

Gémit-elle, en proie au désespoir. Le vampire aurait voulu hurler à pleins poumons pour lui ouvrir les yeux. Il devait se souvenir, forcément... Il voulait se venger sans doute, sa propre haine toujours aussi forte depuis toutes ces décennies. Aby... Ce surnom qu'elle lui avait donné avec tendresse par le passé. Une tendresse qui n'avait pas été suffisante. Malgré tout son amour, Winni n'avait jamais voulu s'offrir à lui, préférant garder sa pureté jusqu'au mariage... Ce qui n'avait pas été le cas de sa chienne de sœur. La main sur son avant fut chaude et douce, réconfortante. Le vampire entrouvrit les lèvres, laissant ses larmes perler le long de ses joues d'albâtre alors qu'elle plongeait son regard d'un bleu envoûtant dans ceux sombres de l'humain.

« Pourquoi... Fais-tu semblant de ne pas me reconnaître ? »

Ne lui avait-il pas fait assez de mal comme cela ? Si, bien sûr que si. Il était temps de ne plus se soumettre à cet homme. Voilà bien longtemps qu'elle avait renié cet amour trop douloureux. Maintenant c'était Stephen qui prenait soin d'elle, qui l'aimait. C'était lui son amour et non pas ce traître infidèle. Le visage de la femme se durcit subitement, la mâchoire crispée par la rage qui l'envahit progressivement. Il devait payer pour ce qu'il lui avait fait. Entrouvrant les bras, Winnifred lâcha la boîte qui s'écrasa au sol, la poupée tombant hors de son cocon pour finir dans la neige. D'un geste vif et trop rapide pour l'oeil humain, la femme saisit l'humain par le col de son manteau avant que brusquement, ils ne disparaissent de la rue. Ce fut finalement l'instant d'après, à quelques mètres dans une autre ruelle plongée dans les ténèbres que Winnifred se stoppa et balança le pauvre Abraham au sol, le menaçant d'une voix glaciale.

« Tu mas trompé... Tu m'as humilié... »

sa vue se brouille à cause de ses larmes alors qu'elle avance lentement vers lui, le toisant d'un regard sombre et inhumain. Sa gorge la brûlait et ce n'était rien face à la douleur dans sa mâchoire. Elle n'avait qu'une envie : plonger ses crocs dans sa gorge et mettre fin à sa vie une fois pour toutes.

« Comment as-tu osé me faire une chose pareil ?! Je t'aimais tellement !!!! J'aurais donné ma vie pour toi ! »

Un sanglot, une lamentation dans la sombre ruelle. Le vampire s'approche de sa proie, ouvrant grand la bouche et dévoile une paire de crocs alors que tel un félin, elle feule, crache toute sa haine. Le tuer était la meilleure solution... Mais le faire souffrir avant était une bien meilleure idée. À nouveau Winnifred s'élance, vivement et plonge sur le chasseur avant de le plaquer contre un mur. Elle se love contre lui, glissant son nez contre sa gorge. Son odeur était délicieuse... Elle pouvait entendre les battements effrénés de son petit cœur, la chaleur de son sang qui palpitait dans ses veines. Winni ferme les yeux, humant cette odeur à pleins poumons et sur un ton mielleux et sournois, elle susurre à son oreille.

« Tu m'as coupé la tête et m'a jeté dans une rivière.... Alors je te le demande Aby... Qu'est-ce que je pourrais bien te faire pour que tu puisse souffrir autant que j'ai souffert...hm … ? »
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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: Destin croisé Dim 24 Jan - 19:35


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A peine quelques secondes furent-elles passées suite à sa question qu’Abraham comprit progressivement qu’il détenait déjà la réponse sur le visage de la demoiselle. Ses traits étaient déchirés par l’indignation, l’incompréhension, l’humiliation. Ses yeux clairs étaient voilés de douleur et de larmes qui menaçaient de couler sur ses joues de porcelaine. En l’espace d’un instant, le quadragénaire s’était senti propulser dans une autre dimension qui n’avait rien à avoir avec le monde dans lequel il avait prévu de marcher, ce soir-là. Plus rien n’existait autour d’eux, comme si le temps s’était suspendu avant qu’il ne daigne enfin la reconnaître. Était-elle une connaissance de Londres ? Une amie d’Audra qu’il avait croisée une fois lors d’une soirée mondaine ? Peut-être une patiente avec qui il avait fait plusieurs séances avant de se résigner à la délaisser ? Abraham ne pouvait pas sauver le Royaume entier, toutes les âmes esseulées et maltraitées par la société britannique. Au fur et à mesure que son projet de traitement s’était développé, il avait dû se résoudre à confier des dossiers à ses confrères, à choisir qui des personnes qu’il avait suivies aurait le droit à un peu plus d’attention de sa part. Il se sentait encore coupable d’avoir à prendre de telles décisions mais il n’était pas Dieu. Et cette demoiselle n’était pas folle. Il ne décelait pas ces instants d’oubli, ces microsecondes durant lesquelles les médiums s’entretenaient avec une autre strate de l’existence ou durant lesquelles ceux qui avaient perdu la tête se déconnectaient complètement de la réalité. Il ne lisait pas dans ses yeux la déraison mais bel et bien des émotions profondes motivées par des souvenirs qu’il ne partageait pas. Elle lui offrit enfin son prénom, quand bien même elle s’était attendue à ce qu’il le prononce lui-même mais même Winnifred ne provoqua aucun écho à son esprit. Le désespoir de l’inconnue le prit aux tripes – accompagné de ce sentiment dévorant d’impuissance – et ce fut la première fois depuis longtemps qu’Abraham peina à trouver ses mots. « Excusez-moi, Winnifred, mais il va falloir que vous m’expliquiez. » Sa main ne quittait pas son avant-bras, l’homme s’attendant à ce que la frêle silhouette ne défaille à tout instant. Le corps ne pouvait pas supporter tant d’agitation sans finir par lâcher. Bientôt, elle allait être lâchée par ce corps esclave de son esprit à moins qu’il ne réagisse par d’autres moyens.

Abraham n’eut pas le temps de réagir, pas plus que le chasseur qui sommeillait en lui. Avant qu’il n’ait pu protester, il se sentit brutalement soulevé du sol puis entrainé plus loin. La poigne était furieuse, puissante et la prise l’étrangla le moment qu’elle l’emmène à l’écart des regards indiscrets. Il aurait dû comprendre la force qui animait ses bras minces mais il voulait tout rationnaliser : brièvement, il s’était dit que l’adrénaline avait provoqué cet élan de puissance. Mais il allait bientôt comprendre le piège dans lequel il s’était pris. Atterrissant lourdement au sol, il aperçut son chapeau rouler quelques mètres plus loin. Quelques mèches de cheveux bruns retombaient sur son front tandis qu’il prenait son temps pour se redresser, afin de parer à toute nouvelle agression. La furie la crachait sa haine, vociférait toutes les remontrances qu’elle avait visiblement ruminées pendant longtemps et dont Abraham n’était nullement responsable. Son regard dur se releva vers elle et son cerveau commença peu à peu son travail. La paire de crocs qui s’allongèrent devant ses yeux fut suffisante pour illuminer le tableau : un vampire venait de l’attaquer et évidemment, il n’avait pris aucune arme mortelle sur lui. « Je ne vois pas de quoi vous parlez... » Ses paroles avaient été à moitié étouffées quand Winnifred l’attrapa à nouveau pour le plaquer contre un mur. La puissance physique des vampires femelles le surprenait encore parfois. Il se laissa faire pour le moment, ne pouvait réprimer une grimace dégoûtée quand la bouche de la jeune femme s’approcha de sa gorge. Rien qu’un mouvement de mâchoire, une dégustation spontanée et c’en était fini du plus grand chasseur du Royaume. Un chasseur qui avait fini par être chassé. Il serra les poings, la tête contre la brique glaciale, et il ne put réprimer un rictus moqueur quand elle lui conta le récit de sa mort. « Croyez-moi, mademoiselle, si je vous avais coupé la tête, j’aurais pris soin de la brûler ensuite. » Le ton de sa voix était ironique, presque méprisante mais Van Helsing était atterré de l’amateurisme du meurtre d’un vampire qui était revenu, plus vengeresse que jamais. « Mon homonyme avait-il peut-être une bonne raison... ? » murmura-t-il avant d’agir aussitôt. Il attrapa violemment son poignet pour le tordre, afin de la distraire. D’un coup du pied, il balaya rapidement les chevilles de la jeune femme pour la faire tomber par terre puis Abraham se libéra de son emprise. Comment allait-il se sortir de là ? « Je suis quoi selon vous, milady ? Une réincarnation ? Un menteur ? » Il avait dégainé un poignard – il ne la tuerait pas mais il pouvait peut-être sauver sa propre vie.




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MessageSujet: Re: Destin croisé Ven 29 Jan - 13:21

Elle entendait son cœur battre follement sous la poitrine... Peut-être de peur, ou bien l'adrénaline. Mais chaque battement lui donnait un peu plus envie de plonger ses crocs dans sa gorge et se repaître de son sang. Il sentait, si bon... comme n'importe quel humain qui aurait constituer un bon repas. Mais les hommes en particulier, avaient ce petit quelque chose de plus qui rendait le repas plus... divertissement. Comme une étreinte qui déboucherait indéniablement sur un orgasme. Bien qu'elle avait un goût prononcé pour le sang pure des enfants, Winnifred ne pouvait cacher son goût pour le sang des hommes, simplement pour ce qu'il représentait. Cette force qu'ils avaient en eux. Les mordre était comme la plus sensuel des étreinte... C'est bien pour cela qu'elle ne nourrissait si rarement d'eux, car en découlaient toujours une terrible culpabilité envers Stephen. Jouir de leur sang, c'était comme le tromper lui, son amour. Pourtant à cet instant, nulle culpabilité, seul la haine et la rancoeur animaient les paroles de la vampire dont l'être tout entier hurlait à la vengeance. Son regard à demi-clos restait figé sur la carotide palpitante d'Abraham, son regard délicieusement musqué mêlé à la sueur masculine. Un bref moment d’inattention qui lui coûta très cher. Son corps chuta lourdement, atterrissant dans la neige alors qu'un gémissement passa les lèvres de Winnifred. Aucune douleur lors de cette chute, juste la surprise. La femme releva le visage, toisant l'humain avec tout le dégoût du monde et feula durement à son encontre.

« Voilà donc ce que tu veux... me voir morte par tout les moyens ! »

Interpréta Winnifred dans sa folie. A cet instant, il était difficile de dire lequel des deux était le plus dégoutté par l'autre. La vampire baissa les yeux, posant son regard bleu irréel sur la lame dégainée par Abraham alors que la femme lâcha à nouveau, abrupte.

« Ton homonyme ? Cesse donc de me prendre pour une idiote ! »

Elle se relève rapidement, ignorant sa chevelure de travers, son manteau couvert de neige. Si tout ce qu'elle portait était hors de prix, Winnifred n'avait plus rien d'une lady à cet instant. C'est avec un regard dur qu'elle fixa le chasseur, se retenant de lui arracher la tête, de le démembrer ou encore de l’éviscérer. Rien n'aurait de trop pour assouvir sa vengeance.

« Un menteur oui... Un manipulateur aussi. Un monstre... Tu m'as aimé... ou du moins tu me l'a fait croire. Mais visiblement c'était plus attrayant pour toi que de déflorer ma sœur contre un arbre ! »


Hurla t-elle avec rage, les larmes aux yeux. Comment pouvait-on ainsi se jouer de quelqu'un ? N'avait-il pas de cœur ? Ou bien... Ou bien se pourrait-il au contraire, qu'il dise la vérité ? Quel était le pourcentage de chance que Abraham, celui qu'elle avait aimé, soit là devant elle, à peine âgé de la quarantaine ? Elle avait entendu son cœur, son odeur était bien celle d'un être humain... Ce pourrait-il que le destin allié à une incroyable coïncidence, avait imaginer cette rencontre ? Perplexe et surtout perdu, Winnifred recula d'un pas. Son faciès enragé avant laissé place à une expression de tristesse, de méfiance.

« Si vous n'êtes pas lui.... Alors qui êtes vous ? Vous avez son visage... Presque la même odeur.... Jusqu'à votre gestuelle.... Comment cela est-il possible ? »

Finalement, la vampire s'approche. Lentement... Ni par peur, ni par méfiance... Mais pour que lui, le double d'Abraham, ne voit pas en elle une menace. C'est la curiosité qui envahit Winnifred, lentement, elle posa sa main sur celle du chasseur, retenant son geste alors que la lame est toujours dans sa main.

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MessageSujet: Re: Destin croisé Sam 13 Fév - 22:58


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Please don't bury us, I got you


Comment avait-il pu se retrouver là, face à une vampire enragée ? Comment avait-il pu se laisser berner par son teint de porcelaine et ses prunelles si expressives ? C’était étrange d’avoir lu tant d’émotions, tant de sentiments transparaître dans un être dont la conscience devait être morte. Les vampires étaient des créatures surnaturelles que la vie avait bel et bien quittées, des corps qui subsistaient dans l’au-delà et qui continuaient de hanter l’humanité. Abraham retrouvait bien plus de caractéristiques fantomatiques à une telle race qu’aux âmes perdues qu’on nommait fantômes. Et pourtant Winnifred semblait si humaine : elle paraissait avoir tant vécu, avoir tant d’événements qui pesaient sur son esprit que son corps se vengeait par l’avidité du prédateur. Elle était de celles qui avaient souffert et qui continuaient de souffrir, enfermée dans le carcan de la douleur pour l’éternité. Condamnée à ressasser de la vengeance à l’encontre d’un être qui ne respirait probablement plus. Malheureusement pour lui, Abraham portait les traits du bourreau en plus de partager un patronyme. Il inspirait les souvenirs traumatiques et les pulsions meurtrières. Lui, pauvre petit humain, excitait la colère chez une femme frêle capable de lui rompre la jugulaire d’un coup de dent. Où était passée sa méfiance ? Où était passée sa conscience de chasseur, celle qui faisait de lui un homme si perspicace ? Elle l’avait trompé et à son tour, il essaya de lui faire tourner la tête pour mieux se libérer de son étreinte. Il n’y avait rien de pire qu’une telle proximité avec un vampire. Cette race suscitait l’intolérance qu’il s’évertuait toujours à refouler, les préjugés qu’il s’était créés depuis qu’il avait connu du pire monstre de l’Histoire : Dracula. Dracula avait forgé son opinion catégorique et peu glorieuse envers ses semblables et si Winnifred avait failli le duper, il était temps de retrouver ce pour quoi il était reconnu dans le milieu du surnaturel. Les créatures ne l’atteignaient pas. Tel était le mantra qu’il se répétait inlassablement en silence tandis que sa main qui tenait la dague ne tremblait pas. Et si toutefois il était obligé de l’achever ici, par tous les moyens, ses gestes ne seraient pas hésitants. Il n’hésitait plus dès qu’il s’agissait de survivre et de faire survivre. Qui sait sur qui elle jetterait son dévolu plus tard ?

Winnifred lui crachait sa sombre histoire, les sombres raisons pour lesquelles elle lui vouait une telle haine. Évidemment qu’elle avait souffert et il n’y avait rien de pire que de transformer une femme emprunte du sceau de la vengeance. Elle était marquée à vie par le besoin de prendre sa revanche et jusque dans la mort, ce dessein lui collerait à la peau. Que pouvait-il bien lui dire à part qu’il n’était pas celui qu’elle pensait ? Il n’était qu’un reflet, une réincarnation peut-être, un sosie éventuellement mais il n’était pas l’Abraham qui lui avait brisé le cœur. Il le lui fit comprendre en gardant le silence et en maintenant sa position. Le faciès impassible, le corps déterminé, le poing serré, Abraham ne laissait transparaitre aucune émotion. Il n’était pas touché par son histoire, par sa rancœur parce qu’il n’y avait pas participé. Il n’était pas un protagoniste de son histoire et il ne comptait pas être mêlé à sa sordide conclusion. Son regard prenait soin de ne pas croiser ses iris humides car il ne voulait pas y lire la tristesse qui transpirait ses paroles. Il fournissait tous les efforts pour ne pas se laisser attendrir parce qu’alors, sa sécurité serait à nouveau mise en jeu. Tant qu’elle n’aurait pas compris, elle ne s’approcherait pas et là encore, il ne serait pas certain de pouvoir lui faire confiance. Il n’y avait rien de pire qu’un vampire guidé par ses émotions. « Comment le saurais-je ? » dit-il en haussant les épaules. Cependant, Abraham ne baissa pas la garde et lorsqu’elle se mit à approcher, ses pas reculèrent. Mais elle était trop preste et trop rapide et quand sa main se posa sur la sienne, le chasseur n’hésita pas à exécuter un vif mouvement vers la droite, quitte à l’écorcher pour se dégager de son emprise. « Je crois que vous feriez mieux de rester un peu en retrait. Juste le temps d’être certain que vous n'approcherez pas de ma jugulaire à nouveau. » Il savait qu’elle palpitait d’adrénaline et contrairement à elle, il ne voulait pas ressentir à nouveau la froideur de son corps contre le sien. « Les écrits anciens parlent de réincarnation, les récits scientifiques évoquent des génotypes hasardeux. » C’était le scientifique qui parlait et même s’il employait des mots compliqués, ils sauraient trouver son chemin jusqu’à la jeune femme. « On n’explique parfois pas une ressemblance mais comment je pourrais être quelqu’un de mort ? Puisqu’il est certainement mort, ma dame, peut-être davantage que vous. Je ne suis pas l’homme qui vous expliquera ses faits et gestes et la folie qui lui a pris de mettre en colère puis d’essayer d’assassiner un vampire. Tout ce que je sais, c’est que me tuer n’apaisera aucune peine. » Était-il en train de psychanalyser la demoiselle, d’essayer de rentrer dans son esprit pour mieux la déstabiliser ?




far and beyond
You'll understand I find it difficult to accept, I'm the object of an eternal satanic quest that so far's only demonstrated in something that's half poetry half gibberish. I'm sorry, no.
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