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le pardon pour l'abandon ∞ avalon

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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: le pardon pour l'abandon ∞ avalon Sam 23 Jan - 16:22


don't wanna let you down
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Le marché de fin de journée était le meilleur. Lorsque le soleil s’éclipsait déjà pour laisser place au règne de la lune, lorsque le froid mordait déjà les peaux sensibles, les véritables âmes se révélaient à Crimson Peak. Le marché était peu à peu déserté car déjà, les badauds rentraient se réfugier près de leur âtre tiède et de leur famille. On craignait le froid comme la nuit, tous deux porteurs de mort. Seuls les plus courageux, ou les plus désespérés, persistaient encore à parcourir les rues de la ville basse, les côtes de la zone portuaire au sein de laquelle des vendeurs essayaient d’écouler leur stock restant sur les étals. C’était là qu’on faisait les meilleures affaires : alors que certains craignaient pour la fraicheur des produits, Abraham, lui, savait que la température des côtes anglaises n’avaient jamais représenté une menace pour la nourriture. Le poisson sentait encore la mer dans laquelle on l’avait pêché. Les légumes étaient encore terreux du sol dont on les avait extirpés. Le pain et les douceurs qu’on vendait émanaient encore la fumée du four dans lequel ils avaient été cuits quelques minutes auparavant. Et finalement, les breloques qui représentaient la majorité des ventes étaient toujours présentés sous l’œil du passant, exhibées rutilantes et éternelles. Au crépuscule, on servait une toute autre sorte de clientèle et pas moins exigeante. C’était cette atmosphère qu’Abraham préférait, parce que la foule était moins dense, parce qu’elle dissimulait moins de secrets. Il se sentait presque chez lui au milieu des travailleurs épuisés, des mères qui cherchaient à faire rentrer leurs enfants désobéissants et des ivrognes qui essayaient de boire en se dérobant aux regards des autres. La misère était souveraine à Crimson Peak sitôt qu’on quittait la ville haute mais elle était un tableau d’humanité, un tableau de vérité et de mortalité qui l’apaisait. Il était parfois fatigué de vivre entre deux mondes sans appartenir à l’un ni à l’autre. Il n’avait sa place nulle part et là en cette fin d’après-midi, il avait envie d’être un citoyen parmi tant d’autres.

Abraham avait promis à la cuisinière qu’il lui rapporterait quelques panais, des carottes et des pommes de terre. Elle s’était chargée de la viande et quand elle lui remit sa liste, non sans embarras, il pouvait déjà sentir le fumet du repas à venir. Il souhaitait également venir avec du pain chaud et de la brioche dont raffolait Evangeline. Faire plaisir à sa famille était encore la chose la plus simple qu’il pouvait exécuter. Tandis qu’il échangeait ses pièces contre son dû au vendeur adolescent, il n’entendit pas les foulées discrètes derrière lui. Quand il reprit sa marche, panier à la main, vers d’autres étals, il ne remarqua pas de l’ombre discrète qui le suivait. L’homme avait délaissé ses sens aiguisés et se contentait d’être celui qui ne s’apercevait pas de ce qui était sous son nez. Il finit par s’attarder devant un présentoir qui proposait des écharpes tricotées main. Le bout de ses doigts cornés frôla lentement la laine, appréciant la douceur et l’épaisseur du tissu. Elle allait adorer. Audra aussi aurait apprécié une telle chaleur autour de sa frêle nuque. Brièvement, l’image des portes de l’établissement spécialisé – c’était ainsi qu’on nommait les asiles pour les familles fortunées qui se voilaient la face – revint à sa mémoire et un instant, Abraham s’égara dans des souvenirs dangereux et douloureux. Lui, le maître de la psychologie, le guérisseur de la folie, avait franchi les portes de toutes les institutions anglaises, rencontrant des femmes et des filles en souffrance, mais celle derrière laquelle reposait son épouse lui demeurait définitivement fermée. Ainsi perdu, il dut attendre qu’une main féminine ne se pose sur son épaule pour qu’il finisse par se retourner.




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Avalon Huxley
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MessageSujet: Re: le pardon pour l'abandon ∞ avalon Lun 25 Jan - 22:05


Le pardon pour l’abandon
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Une, deux, trois, quatre pièces. Le compte bien inscrit dans son carnet de notes, la Medium rajoute les pièces qu’elle vient tout juste de soutirer à une femme d’un âge (trop) avancé. Profitant de la mort plus que récente de son mari, Avalon a été en mesure de déceler les signes notoires d’une âme en peine qui souhaitait tout simplement être calmée. Elle lui avait dit que son mari surveillerait ses rêves, qu’il veillerait sur elle jusqu’à ce qu’elle vienne le rejoindre au paradis. Il lui suffisait de lui offrir quelques informations banales sur la vie normale d’un homme ayant vécu toute sa simple vie à Crimson Peak et la femme avait gobé tout ce qu’elle racontait. Étant donné sa faiblesse, elle n’eut aucun mal à écarter l’esprit du défunt mari, allant même jusqu’à supprimer sa présence à l’instant où il était apparu aux côtés de sa femme. Ça lui éviterait bien du trouble, si vous voulez son avis! Avalon avait une migraine quasi constante depuis qu’elle était arrivée dans cette ville de paumée. Juniper semblait bien s’y plaire, mais elle n’avait pas à côtoyer plus d’esprits et de fantômes qu’elle n’en avait jamais vu. Elle avait le cerveau qui voulait exploser, la Medium. Des esprits à repousser, d’autres qui arrivaient tout de même à se faufiler un peu d’espace dans sa tête pour prendre possession de son corps l’espace de quelques heures. Les seuls moments où elle allait bien, c’était sous les effets de trois choses : alcool, drogue, ou présence d’un vampire qui lui prenait un peu de son liquide vital. Elle avait besoin de trouver l’un des trois aussitôt ses pièces dans son sac, puis glissé entre sa poitrine généreuse qui attiserait sans doute quelques mains baladeuses. Avalon se mit debout, en replaçant les caisses de bois qu’elle venait tout juste d’utiliser pour la journée. Bien vite, elle et Juniper pourraient sas doute se dénicher un petit espace à l’intérieur où elles pourraient continuer de s’enrichir. Lissant le bas de sa robe, elle remonta un peu le lainage pour que ce dernier couvre bien ses épaules.

Ses cheveux étaient bruns, depuis son arrivée dans cette ville deux semaines plus tôt. Cela lui permettrait sans doute d’étirer son temps ici en reprenant sa couleur naturelle lorsqu’elle le souhaiterait. Elle erra doucement dans les rues de la ville, cherchant un endroit qu’elle n’avait pas encore exploité. Peut-être croiserait-elle sa Froide Médée en chemin et alors, l’un de ses souhaits serait exaucé. Elle passa par le marché, échangeant l’une de ses pièces contre deux pommes. L’une qu’elle mangea doucement, quand ses prunelles furent attirées par un personnage en particulier. On rit, derrière elle. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour deviner sa troupe de fantômes féminins qui avaient connues la mort. Celles-ci étaient d’autant plus vengeresses en découvrant qui faisait face à la Médium. Sa colère se transposait jusque dans les esprits présents, comme si ces derniers attendaient patiemment le moment où Avalon leur laisserait la place. D’autres pauvres femmes égarées qui avaient connues la mort pas forcément par sa faute, mais qui lui en voulaient tout autant. Après tout, n’était-ce pas un psychiatre qui imposait certains traitements parfois mortels? Avalon se rappelait tellement bien du visage de l’homme qu’elle commença à suivre. Abraham Van Helsing. Il s’était occupé de sa mère d’abord, et ensuite d’elle-même. Des années plus tôt. Elle était certaine qu’il ne la reconnaîtrait pas. Si elle pouvait jouer un peu avec lui, ça ferait le bonheur de tout le monde, dont les esprits la poursuivant. La tête haute, elle s’avança jusqu’à lui, une espèce d’armée de fantômes la suivant doucement. Elle déposa la main sur son épaule, elle attendit qu’il se retourne avant de lui demander avec une voix apeurée : « Monsieur, pourriez-vous m’indiquer le chemin vers l’Église s’il-vous plait? » Un sourire pour l’homme soi-disant inconnu. Elle croque une nouvelle fois dans sa pomme. Elle savait que l’Église se trouvait à quelques mètres d’ici, que le chemin le plus facile était de passer par les ruelles. Elle voulait savoir si un homme de son calibre oserait y amener une jeune femme, ou s’il contournerait par les rues…





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Abraham Van Helsing
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MessageSujet: Re: le pardon pour l'abandon ∞ avalon Mar 9 Fév - 23:19


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De plus en plus, Abraham se laissait absorber par de telles réminiscences. De plus en plus, il se laissait distraire par des vestiges d’un passé qu’il avait espéré laisser derrière lui. Crimson Peak était la ville où il était né et désormais, il était persuadé que c’était là qu’il mourait également. Il ne craignait pas de mourir, pas plus qu’il n’avait peur de ne rien laisser derrière lui. En particulier, il songeait à des petits carnets, une cinquantaine maintenant car voilà plus de vingt années qu’il écrivait. Plus de vingt années qu’il consignait les récits de sa vie de chasseur mais aussi de sa vie de psychiatre en parallèle. Il consignait tout, il répertoriait tout jusqu’aux détails les plus sordides comme les plus insignifiants pour les esprits novices. Il avait immortalisé les âmes qui avaient marqué son esprit, les histoires qui méritaient d’être contées quand bien même leurs noms ne seraient pas souvenus dans l’Histoire. Lui-même ne serait peut-être jamais que reconnu par un patronyme, une silhouette indistincte mais des faits peut-être mémorables. Il espérait encore participer à la construction de l’avenir mais ce jour-là, sur le marché de Crimson Peak, ce fut la première fois que le doute entier l’étreignit. Enfin, cette main salvatrice vint le tirer de ses élucubrations de mortel et l’homme se retourna avec un fin sourire poli sur le visage, sourire qui se mua aussitôt en une mine circonspecte. Pourquoi cette demoiselle lui disait-elle quelque chose ? Pourquoi ce visage mutin et pourtant bien adulte lui rappelait une identité qu’il ne connaissait pourtant pas ? Crimson Peak aimait bien jouer avec la mémoire et ces derniers temps, avec les personnes qu’il rencontrait, il avait tout simplement d’être le médecin sénile dont tout le monde finirait par se moquer. Cette fois-ci, il fut soulagé quand l’inconnue l’appela Monsieur, ne semblant pas le connaître ni d’Eve ni d’Adam. Il retrouva son sourire d’homme serviable et son regard alternait entre la main qui croquait la pomme et les prunelles claires de la jeune femme. « Mais bien sûr milady. » Ca n’était pas l’heure où tout le monde se recueillait mais après tout, pour les croyants, l’heure du jour était peu importante.

« Il vous faut passer par cette ruelle par la gauche puis tourner à votre droite avant de continuer tout droit. Le clocher ne vaut pas celui de Londres mais il sera assez grand pour que vous l’aperceviez d’ici. » Abraham illustrait de gestes ces explications, désignant la première rue qu’elle devait emprunter, derrière les étals qui remballaient peu à peu. Il s’imaginait la carte de la ville, vue d’en haut, comme s’il était un oiseau mais peu à peu sa conscience lui fit comprendre qu’il venait de lui indiquer des directions qui n’étaient pas de toute sécurité pour une jeune femme seule, surtout alors que le crépuscule approchait à grands pas. L’heure du soir n’avait pas encore sonnée et la cuisinière l’excuserait certainement d’un peu de retard. Elle devait avoir une fille de l’âge de la demoiselle, le transfert affectif ferait le reste. « Si vous le souhaitez, permettez-moi de vous accompagner. » Il lui offrit poliment son bras afin qu’elle s’y accroche. « Je n’aimerais pas que vous vous perdiez. » Abraham était à la fois bien trop paternaliste pour la laisser faire et trop respectueux pour lui faire comprendre qu’une femme en ces lieux ne serait en sécurité qu’accompagnée d’un homme. Il avait beau n’être qu’un homme célibataire, à un âge où il aurait dû être père de plusieurs enfants, il n’en gardait pas moins une éducation d’homme de bonne famille de son temps. Heureusement pour lui, la jeune femme accepta et enroula son bras autour du sien. Ce contact provoqua un violent frisson qui remonta le long de son bras avant de parcourir son échine. C’était une sensation étrange que de l’avoir auprès de lui, comme s’il avait envie de se dérider des conventions, comme si elle lui inspirait déjà proximité et complicité. Finalement, il se montra sur la retenue, bien que bavard d’en apprendre plus sur elle. « Puis-je savoir votre nom, milady ? Vous venez d’arriver en ville ? » Il était difficile d’en savoir plus grâce à son accoutrement certainement pas d’étoffe noble mais qui semblait vouloir renier de modestes finances. Les femmes étaient sans doute les plus douées à dissimuler leur véritable naissance sitôt qu’elles savaient manier jupons et attitudes sociales. Et celle-ci semblait à la fois effrontée et ingénue, un cocktail qui l’intriguait davantage et dont il se méfiait à dire vrai.




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Avalon Huxley
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MessageSujet: Re: le pardon pour l'abandon ∞ avalon Lun 21 Mar - 19:20


Le pardon pour l’abandon
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Jouer la comédie, encore et encore, simplement pour pouvoir soutirer le plus d’argent à quiconque. Pour s’amuser, pour rire à gorge déployée une fois qu’elle en aura terminé. Pouvoir raconter à Juniper combien de temps la personne a versé des larmes face à elle, combien elle a supplié d’en savoir davantage sur le passage vers l’au-delà. Mentir à plus n’en finir, tellement qu’on oublie même ce qu’est la vérité. La seule qu’elle connait, c’est l’amour qu’elle éprouve envers Juniper et rien d’autre. Offrir une boucle vie à quiconque, déblatérer pour s’imaginer être meilleur qu’on ne l’est vraiment. Il était rare qu’Avalon soit vraie, on avait l’impression que tout chez elle n’était que jeux de pouvoir et manipulation. Elle avait besoin de cela pour ne pas sombrer. Si elle devait paraître plus forte, écraser les autres, c’était pour se dire qu’elle pouvait au moins contrôler une partie de son existence. Pas celle qui concernait les esprits, qui arrivaient parfois à briser la barrière pour prendre possession de son corps. Elle détestait cette sensation de perte de soi et d’une manière étrange, cela lui arrivait beaucoup plus souvent dans cette ville que nulle part ailleurs. En même temps, elle pouvait découvrir plus d’histoires macabres qu’elle n l’avait fait durant toute sa vie. Elle était perdue entre sa curiosité et celle d’avoir des pertes de mémoire évidentes. Par contre, s’il y avait bien une chose qu’elle se rappelait, c’était tout ce qu’elle avait vécu avec l’homme qui lui faisait face. Il ne la reconnaissait pas, cela faisait quoi, huit, neuf ans? La dernière fois qu’il l’avait vu, elle n’était qu’une enfant. Et en tant que gentleman, il ne pouvait que l’épier en cachette. Son regard ne s’attardait pas assez sur elle, surtout pas dans ses prunelles pour déceler son identité. Ça lui laissait une chance de profiter du moment. De continuer de mentir, de manipuler et de s’amuser avec l’homme qui avait autrefois hanté son passé.

Elle lui demanda le chemin vers l’Église, comme si elle était du genre à aller prier Dieu de la sauver des voix qui la hantait. À ses côtés, les femmes qui la hantaient le plus riaient, elles aussi. Elles le faisaient pour Avalon, puisque cette dernière ne montrait aucune émotion qui trahirait ses paroles. Quelques-unes d’entre elles étaient mortes par la faute d’Abraham. Ou du moins, c’était ce qu’elles se plaisaient de dire. Une façon de jeter la faute sur quelqu’un pour leur passé de folie, pour les autres médecins qui les avaient achevés. Avalon, elle, connaissait la réelle identité du Docteur. Il avait toujours été intéressé davantage aux visions des morts qu’elle avait plutôt qu’essayer de guérir son esprit. Il accepta non sans politesse de lui monter le chemin. Elle ne souhaitait pas l’admettre, mais Van Helsing lui semblait encore plus envoutant que dans ses souvenirs. Elle aurait pu passer le chemin, ne pas essayer de se venger et faire comme si elle ne l’avait jamais vu. Mais la Medium n’était pas reconnue pour oublier facilement, ni pour éviter les ennuis. Elle observa au loin le clocher qu’elle lui indiquait, en fronçant les sourcils comme pour essayer d’avoir l’air concentrée. Elle hocha la tête doucement à chaque fin de phrase, comme le ferait une femme sans cervelle qui pendait à chacun de ses mots. Comme elle s’en était attendue, il ne s’en arrêta pas là et il lui proposa de l’accompagner, puisque la ruelle qui lui indiquait avait l’air assez dangereuse. Elle n’avait pas peur, jamais les frissons ne lui parcourraient le corps lorsqu’elle se promenait en ville. Peu importe l’heure de la journée et de la nuit, puisqu’elle savait qu’elle pourrait se protéger elle-même, ou avec l’aide des esprits. « Oh! » Laissa-t-elle échapper, alors que ses joues prenaient une teinte rosée. Jouer l’effarouchée, sa spécialité. « Avec grand plaisir, Sir. » Elle lui sourit avant de passer son bras sous le sien. Elle doit user tout en son pouvoir pour ne pas laisser paraitre la sensation électrisante qu’elle lui procure à toucher à cet homme après tant d’années. Il continue d’user de politesse, sa voix la séduirait presque à en oublier ces mensonges, mais vite, elle se ressaisit. « Je m’appelle Anita Bradley. Je viens tout juste d’arriver, mon père est peintre et il souhaitait découvrir d’autres paysages à épancher sur ses toiles. Par le fait même, ce qu’il prétend le contraire, il continue de chercher un homme qui conviendra à sa fille. » À ses mots, elle se mord la lèvre et lève les prunelles pour croiser furtivement celles d’Abraham. Elle continue doucement, en ayant toujours cette satanée voix de fille à la merci de tout et de rien. « Vous connaissez de gentilshommes qui pourraient correspondre à la tâche, selon vous? » Ils continuent de marcher vers l’église et des tonnes d’idées lui traversent la tête. Les filles qui l’entourent commencent à parler un peu plus fort, essayant d’attirer l’attention d’Avalon…


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MessageSujet: Re: le pardon pour l'abandon ∞ avalon Ven 8 Avr - 22:08


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Combien de fois Abraham avait-il porté une jeune inconnue à son bras jusqu’à destination ? Il connaissait les lieux comme sa poche, jusqu’aux moindres recoins que seuls les yeux d’un enfant étaient capables d’apercevoir. Il avait exploré la ville anglaise des heures durant, quand il était plus jeune, défiant malgré tout la surveillance de son paternel. La ville basse était l’endroit le plus riche de Crimson Peak, là où les badauds pensaient qu’il n’y avait rien à voir alors que tout se déroulait ici même. C’était ici que la vie prenait son cours et s’achevait et c’était ici qu’il y avait tout à expérimenter. Mais c’était aussi ici que le vil et le malsain se nourrissaient de la faiblesse et les silhouettes graciles des femmes n’étaient pas les moins convoitées. Il avait du temps à revendre et l’audace de la demoiselle avait suffi à attiser son envie de la connaître davantage. Qu’importe s’il ne la reverrait plus jamais – sinon peut-être dans l’au-delà – un psychiatre apprenait de tout et surtout de l’éphémère. L’esprit n’était jamais plus franc et authentique que dans la spontanéité d’un instant comme celui-ci. Les deux compagnons d’une promenade se mirent alors en marche, Abraham en oubliant jusqu’à la raison de ses courses ici. Tandis que la jeune femme lui contait ce qu’elle venait faire là, il prit le temps de détailler son visage d’un regard néanmoins respectueux. Peut-être même avait-elle l’âge d’Evangeline, l’âge d’être sa fille. Certainement, son paternel à lui aurait aimé avoir une petite-fille si bien éduquée et si belle. Elle avait de la légèreté dans ses pas, comme si elle posait à peine le pied au sol, comme si elle était portée par des forces inexplicables. Elle avait un port de tête fier qui laissait deviner de l’orgueil, juste assez pour se forger un caractère solide. Il lui semblait même parfois lire de la défiance dans ses prunelles, même si sa bouche, elle, parlait des devoirs sociaux et conjugaux qui incombaient à son sexe. Un sourire traversa brièvement son visage, partagé entre l’amusement et la résignation. Devrait-il lui un jour marier aussi Evangeline ? Est-ce qu’il se sentirait obligé de lui trouver un homme pour prendre le relais une fois que lui ne sera plus en mesure de la protéger ? Elliott sera-t-il déjà parti vers des nouvelles aventures, son émancipation une fois consommée ? C’était difficile de se projeter dans un avenir qui ne lui revenait pas de droit. Tout ce qui faisait son bonheur, il l’avait dérobé et de plus en plus, il craignait que le revers ne soit d’autant plus violent. « On ne peut pas lui en vouloir de vous trouver un bon parti. C’est de plus en plus rare de nos jours un homme qui saura prendre soin d’une épouse sans éprouver le besoin de l’écarter de toute indépendance. » Abraham lui jeta une œillade de travers, un rictus complice sur le coin de sa bouche.

Ils venaient de bifurquer dans une ruelle plus étroite, où les silhouettes étaient presque inexistantes. Seules les bâtisses froides de brique rouge jetaient des ombres gigantesques sur le pavé maltraité et plus le soleil baissait dans le ciel, plus la luminosité diminuait rapidement. Bientôt les lampadaires prendraient le relais mais il y avait dans le crépuscule, ce micro-instant où la pénombre était reine. « Malheureusement, je ne connais personne qui soit à la hauteur. Je n’ai que mes vieux collègues et mes patients. Votre père a certainement davantage d’ambition pour vous. » dit-il sur le ton de la plaisanterie bien qu’il ne considérait pas ses patients comme de mauvais partis. Mais puisqu’ils faisaient partie des rebuts de la société, enfermés bien loin des autres sous peine de susciter la culpabilité, Abraham passerait pour fou de les défendre auprès d’une inconnue. Après tout, il ignorait tout d’elle. « En revanche, j’aurais de très bons coins à conseiller à votre père. L’aube est sublime à Crimson Peak. Les nuances de rouge sont infinies et cela devient un véritable challenge de les mettre sur la to… » Il crut percevoir autour de lui comme des murmures, une brise insidieuse qu’il ne ressentait pas sur ses joues. Par instinct, il interrompit momentanément la marche pour regarder autour de lui. Il n’y avait personne. Van Helsing était chasseur. Il savait que des âmes pouvaient errer dans le monde des vivants et même interagir avec certains dotés du don. Mais cette fois-ci, il ne voyait rien – juste cet immense sentiment d’être suivi. « Sur la toile. » acheva-t-il, en essayant de se reconcentrer sans succès. « Votre accent m’est familier, vous savez. Vous venez de quel coin d’Angleterre ? Vous n’êtes pas de Londres assurément. »




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