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The Phantom of the Opera (JANE)

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James Anderson
FANTÔME
MESSAGES : 114
DATE D'ARRIVÉE : 24/01/2016
PSEUDO : fézégeste
AVATAR : Nikolaj Coster Waldau
CRÉDITS : Jarvis

MessageSujet: The Phantom of the Opera (JANE) Lun 8 Fév - 10:24


The Phantom of the Opera
ft. Jane


L'Opéra. J'aimais cet endroit pour son aura attirante. Mais, surtout, j'avais toujours adoré les arts, et le chant plus que tout autre forme artistique. Je n'avais jamais su réellement chanter moi-même, hormis quelques chansonnettes étant enfant. Si la peinture était un de mes loisirs, les harmonies mélodieuses m'échappaient, et j'avais soif de savoir et de connaissances sur ce domaine qui s'évadait à mes aptitudes, mais non à mon intérêt. L'Opéra avait mes faveurs, écrin de superbe et de lumière. Et parmi toutes les voix, parmi tous ces corps qui, vivants, étaient si différents du mien, un chant avait résonné dans mon oreille. Jane Spencer. Une cantatrice de génie, qui savait modeler ses sons pour y instaurer n'importe quelle émotion, et comme une aura, elle instillait des sentiments aux gens, à ceux qui l'écoutaient. La première fois que je l'avais entendue, camouflé dans les ombres d'un balcon, j'avais cru sentir mon cœur défaillir sous l'équilibre délicat du rythme, et la tonalité incroyable de la voix. Je l'avais longtemps observé, avant de partir. Et depuis, comme un rôle que je m'étais donné à moi-même, je venais poser des offrandes à cette muse qui inspirait certains des tableaux de ma composition du moment. Non contente d'être une artiste épanouie, c'était également une belle jeune femme qui semblait aimée de tous, et courtisée d'autres, quand je voyais les regards que certains techniciens de la scène lui lançaient. Ce n'était que justice, devant un visage aussi gracile.

La journée était une bénédiction. Je pouvais saisir un verre, sentir ma chair contre un contact, et faire semblant, en possédant mes propres illusions. Vêtu d'os et de peau, j'étais comme humain, et cela faisait du bien. Promenant mes doigts dans ma chevelure blonde, j'avançais sans incertitude dans le hall de l'Opéra. Ma main gauche tenait un écrin. J'avais également demandé à faire déposer des fleurs. De sublimes lys blancs, à la couleur aussi pure que de la neige. Avec une irrégularité toute fantomatique, chaque semaine, la loge de Miss Spencer se voyait l'autel de mes présents : fleurs, chocolats. Mais je ne pouvais avoir le bonheur d'amener moi-même les végétaux élégants : ma mort avait fait de moi un être auprès duquel la beauté florale fanait et se putréfiait. C'était avec une horreur croissante et gênante que j'avais remarqué cela, sans pourtant que mon désir de couvrir Miss Spencer de cadeaux anonymes ne fonde. L'écrin bleu sombre, comme la nuit, contenait un simple bijou d'or blanc. Les finances n'étaient guère un problème, et quand je songeais à mon géniteur qui avait dilapidé la fortune familiale durant des années avec ses catins, ses liqueurs et ses autres plaisirs sombres, je me disais que je gagnais honnêtement ma vie - ou plutôt ma mort - et que j'avais parfaitement le droit d'en disposer comme bon me semblait. Pensif, mes pas ne résonnaient pas sur les épais tapis du sol. J'avais toujours réussi, jusqu'à présent, à ne pas me faire voir. Peut-être un don venu avec mon décès. J'ouvris rapidement la porte de la loge - mon regard gris glissa sur l'intérieur sans voir quiconque, et avec un sourire, j'y pénétrais en refermant sans bruit derrière moi. Quelques fleurs se tenaient là, offrandes d'autres que moi, mais les fleurs n'avaient plus l'air très fraîches. Avec une grimace, je remarquais que ma présence les faisaient se faner davantage. « Dépêchons-nous » m'ordonnais-je d'une voix basse et rauque, comme pour motiver mes membres à activer le sang de leurs veines. Charriant le mouvement, je déposais sur la console le boîtier élégant. Je ne savais si le pendentif lui plairait, de nacre et de jade, en forme d'étoile. Une simple métaphore pour son statut d'étoile épanouir de l'opéra. Une allégorie peu subtile, mais qu'importait ? Je dû avouer, en caressant du bout des doigts le velours de l'écrin, que j'aurai donné n'importe quoi pour voir sa réaction à mes cadeaux. Chaque semaine, je changeais de jours, selon les conseils de Stephen. Il ne fallait pas qu'elle me voit, qu'elle me surprenne, pour rien au monde. Je me satisfaisais du rôle du donateur dans l'ombre, auquel on ne peut donner de visage. Elle n'aurait rien gagné à me connaître.

Pourtant, je continuais ce petit jeu dangereux. Je n'aurai jamais dû m'intéresse autant à elle : que se passerait-il si, par inadvertance, elle devinait finalement ma réelle condition ? Stephen l'avait fait - il avait vu à travers les illusions de la chair. Stephen était mon ami, et plutôt que de me fuir, il était resté à mes côtés. J'en étais même venu à demander son aide quant à cette situation intenable : par bien des côtés, mes désirs allaient vers le besoin de parler à Miss Spencer. De savoir si elle était aussi intelligente qu'elle en avait l'air. D'entendre sa voix modulée uniquement pour moi. Je sursautai en entendant soudain un bruit, et fis volte-face, la main toujours sur l'écrin. Pris la main dans le boîtier ! J'eus la bonne convenance de rougir, et mon coeur s'emballa un instant, comme jamais il ne l'avait fait de mon vivant. Stupide organe vital. Déjà je cherchais des excuses, en décollant ma main de l'écrin, comme un fauteur de troubles. Il y avait mille et une raisons pour que je sois ici. Mais aurais-je l'audace de lui mentir ? Pourrais-je seulement y songer, si c'était elle ? Peut-être était-ce son imprésario, ou un autre courtisan de ses faveurs ?




Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles ; Dont la lumière parle un langage connu ! ; Car je cherche le vide, et le noir et le nu ! ; Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles; Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers ; Des êtres disparus aux regards familiers. (OBSESSION || Baudelaire)
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