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le beau navire •• ALICE

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Oliver Layton
MÉDIUM
MESSAGES : 50
DATE D'ARRIVÉE : 08/02/2016
PSEUDO : fézégeste.
AVATAR : Ben Barnes.
CRÉDITS : Insuline(avatar)

MessageSujet: le beau navire •• ALICE Jeu 18 Fév - 19:20


     
Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme. Dans le déroulement infini de sa lame, et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.  
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ; ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, tant vous êtes jaloux de garder vos secrets ! Alice & Oliver
     

     
LE BEAU NAVIRE

     


Ma flânerie n'avait rien d'innocent. Le regard à l'affût, depuis que ce nom hantait mes pensées. Mes prunelles noires observaient autour de moi sur les ports, à la recherche de ce corps qu'on m'avait décrit, puis montré du bout du doigt, au loin, comme le soleil. Son prénom rappelait bien des choses en moi. Il est de mauvais augure de renommer un bateau : c'est comme lui arracher son âme, comme retirer chaque planche de son point pour le brûler. Cela attire les mauvais esprits marins. Mais qu'avais-je à perdre de plus, moi, le pirate déjà maudit ? Nul sort ne pouvait m'effrayer. Ma Sirène Sanguinaire avait eu un autre nom autrefois. Sa peinture écaillée avait porté d'autres lettres : l'Alice. Je ne croyais pas au destin ; j'avais compris depuis longtemps que nous forgions à la sueur amère et à la force du fer de nos âmes notre futur. Le mien avait été brûlé, trempé dans le sang et la rage. Mon âme s'était couverte des dorures des trésors et des troubles des ombres. Pourtant, quand j'avais entendu ce prénom, Alice, suivi du patronyme de Lidell qui m'avait été familier fût un temps peut-être, à moins que je ne me fourvoie, j'avais été attiré. Toute mon attention s'était tourné vers les hommes, accoudés un peu plus loin. J'avais engagé la discussion, par curiosité plus qu'autre chose. Et ma victime avait été toute désignée : de bonne famille, aristocrate, elle semblait être la proie parfaite pour mes plans. J'avais ourdi de la kidnapper, mais tout d'abord, il fallait approcher la demoiselle. On m'avait appris que parfois, elle accompagnait ses domestiques ou sa famille au marché afin de faire des emplettes ; on y trouvait autant d'épices exotiques et d'objets fabuleux que des outils plein de germes, et la vermine humaine y grouillait autant que les rats des navires.

J'avais délaissé mes hommes à leurs loisirs. Jambes ouvertes et alcool seraient sûrement leur plus ardentes préoccupations. Les miennes étaient plus urgentes, plus obsédantes. Elle tenait en une silhouette que j’entrapercevais dans la foule comme une ombre séduisante. Tel un carnassier, je suivais ses pas, m'approchant parfois dangereusement jusqu'à sentir son parfum puis m'éloignant dans la foule sans visage. Je n'avais rien de remarquable : j'avais troqué mes habits riches et somptueux de capitaine pirate pour ceux plus simples, dans la mode de ceux que je portais autrefois, sur la frégate de mon père. Une chemise bouffante, un veston de soie bleue, un pantalon bouffant également, retenu dans des bottes de cuir noir aux boucles d'argent. Seule ma ceinture, sertie de deux rubis, et dont je ne me séparais jamais, pouvait offrir au regard déterminé la véritable étendue de ma richesse. Quelques bagues, quelques bijoux ici et là, ainsi qu'une boucle d'oreille au saphir brillant à mon lobe droit, agrémentaient ma tenue, la perfectionnant avec un soin méticuleux. Je remarquais enfin un temps mort, où la demoiselle était seule, éloignée de ceux qu'elle accompagnait, et je m'approchais avec le pas agile et chasseur d'un félin. Avec un geste théâtral, je heurtais son épaule et me tournai vers elle, l'air amical et faussement désolé. Ce n'était guère original, mais je comptais sur mon charme et mon insolence naturels pour voiler mes véritables intentions.

Oh, je suis navré, je ne vous avais guère remarqué dans cette foule. Toutes mes excuses, mademoiselle. J'espère ne pas vous avoir blessé ? demandais-je d'une voix grave et musicale, parfaitement modulée aux accents d'émotions. J'avais toujours aimé jouer des rôles, et ils me collaient à la peau comme les fantômes que je traînais. J'avalais les traits de son visage de mon regard expressif, et je ne pu m'empêcher de lui trouver une aura étrange, attirante, décalée. Comme deux images en surimpression. De près, elle était tout bonnement fascinante. Et elle n'en rendrait le jeu que plus amusant.

J'en oublie toutes les convenances ! Laissez-moi m'introduire : Capitaine Soren, enchanté, Miss fis-je en me penchant pour lui prendre sa main et y déposer un baiser parfaitement poli, mais aux notes impertinentes, comme si malgré mon ton, une lueur de malice s'était glissée dans mon comportement. Je laissais mes lèvres sur sa peau peut-être une seconde de trop pour être innocent, ma barbe piquant sûrement sa peau comme une chatouille, puis me redressait de mon salut, un sourire innocent au visage. Je vous ai sûrement dérangé. Par ce superbe temps, venir flâner sur les quais est un réel plaisir. J'en ai délaissé mes hommes et mon bâtiment pour profiter du marché. Puis-je avoir l'outrecuidance de vous demander ce que vous étiez venue faire dans cette foule bariolée ? Les épices, les poissons frais peut-être ? Ou les bijoux d'autres pays ont-ils vos faveurs ? Si ma curiosité était réelle, dans le fond, ce qui m'importait était d'attirer son attention, de la concentrer totalement sur moi. Et mes plans se passaient toujours sans accrocs : j'y veillais, avec un soin sournois et féroce.

     
(c) crackle bones

     


Fallen King
What you don't know the legend ghost can hurt you if you only want to live and die in fear. They tell us to believe just half of what we see and absolutely nothing that we hear. ∞
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